International Il y a cinq ans, le garagiste Denis Latour n'aurait jamais imaginé faire une telle découverte en ouvrant le coffre d'une Peugeot 307.

Cette vision d'horreur, Denis Latour et son employé, Guillaume Iguacel-Lisagérant, ne l'oubliront jamais: "Dès qu’on ouvre une porte de voiture, on a cette image qui revient sans arrêt", partagent-ils à BFMTV.

"Une odeur d'abattoir"

C'est le 25 octobre 2013 que la vie de la petite Serena, dont la mère n'avait jamais révélé l'existence, va basculer.

Une conductrice, Rosa Maria Da Cruz, se rend au garage Etape Auto à Terrasson, situé à une dizaine de kilomètres de son domicile. "Pour une petite intervention sur son véhicule", indique le gérant du garage, Denis Latour. Directement, la conductrice demande au chef d'atelier si le problème nécessite d'ouvrir le coffre. Pas besoin, la panne est minime, voire inexistante, précise le garagiste.

A peine la portière ouverte, son employé réalise assez rapidement que quelque chose cloche. Il est obligé de sortir à plusieurs reprises du véhicule afin de respirer de l'air frais. L'odeur, un mélange d’ammoniaque et d'urine, est insupportable. Soudainement, Guillaume Iguacel-Lisagérant entend un étrange son: "cela ressemblait à des petites paroles, il ne savait pas ce que c’était", réagit Denis Latour.

La propriétaire du véhicule indique aussitôt que le son doit provenir d'un jouet de l'un de ses enfants. Après s'être concerté avec son patron, les deux hommes, inquiets, décident d'ouvrir le coffre de la voiture.

Pendant que l'un occupe la mère, l'autre ouvre le coffre du véhicule. Une "odeur d'abattoir" lui pique immédiatement au nez. Et là, plongé dans l'obscurité, apparaît un enfant nu.

"Elle s'appelle Serena"

"Il y avait une poubelle, une couverture... C'était vraiment atroce", raconte Guillaume Iguacel-Lisagérant. La mère de la fillette ne réagit pas, tirant des bouffées sur sa cigarette. Le gérant demande le nom de son enfant: "Elle s'appelle Serena", répond la conductrice.

Lorsque la mère décide de prendre sa fillette dans les bras, le garagiste découvre le corps étrange de la petite: "c’était une vraie momie. Les bras, les jambes, tout tombait. Elle ne tenait pas sa tête", décrit-il en précisant la couleur marronâtre du lait dans le biberon et la noirceur de son couffin.

"Les pompiers nous ont dit que si on avait pas découvert le bébé, 20-30 minutes plus tard, le bébé n’aurait plus été en vie", pointe le garagiste.

Une enfant "pleine de vie"

Rosa Maria Da Cruz, âgée de 50 ans, est jugée devant les assises de Corrèze depuis ce lundi. Mariée, la mère de 3 autres enfants encourt vingt ans de réclusion pour avoir caché son enfant dans le coffre de sa Peugeot break et dans une pièce de sa maison durant 2 ans. Elle est jugée pour violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant.

Aujourd'hui, la petite Serena est une enfant "assez pleine de vie", mais avec des "déficiences majeures", des connexions "qu'on ne pourra pas reconnecter".