International D'après une enquête menée par nos confrères de FranceInfo, l'équipe du candidat de La France insoumise aurait surfacturé certaines prestations.

Et le montant en jeu est tout sauf anodin puisqu'il avoisinerait les 400.000 euros. Pour se défendre, Jean-Luc Mélenchon martèle que ses comptes de campagne ont été validés, ce qui est vrai. Ce qu'il ne dit en revanche pas, c'est que la Commission nationale des comptes de campagne et du financement politique (CNCCFP) a émis des réserves sur certains points.

Tout d'abord, Jean-Luc Mélenchon serait passé par des structures extérieures dirigées par des proches afin de payer son équipe de campagne, ce qui est très inhabituel. Ces structures extérieures lui ont ensuite refacturé leurs services. Le candidat de LFI communiquait par la suite ces factures à l'Etat pour en obtenir le remboursement. Une certaine opacité qui n'a pas été goûtée par le rapporteur de la CNCCFP qui a vu en cette méthode une manière de dissimuler de possibles surfacturations.

Première zone de flou, une association aurait particulièrement tiré profit de sa campagne. L'Ere du peuple, créée la veille du début de sa campagne et présidée par un proche de Jean-Luc Mélenchon, le conseiller d'Etat Bernard Pignerol, aurait possiblement surfacturé des prestations. Par exemple, les "prestations intellectuelles" de Bastien Lachaud auraient été rémunérées 29.000 euros brut alors que l'association a refacturé ses services... 129.000 euros. Une différence conséquente de 100.000 euros qui pose question.

Autre "anomalie", l'agence de communication Mediascop a facturé 1.161.768 euros pendant la présidentielle. Pourtant, la société dirigée par Sophia Chikirou n'a ni locaux, ni matériel, ni salariés en dehors des périodes de campagne, "ce qui ne l'empêche pas de réaliser des profits importants" avec, par exemple, "une rentabilité nette de 47% en 2016 alors que les premières factures de la présidentielle venaient de lui être réglées."

Toujours d'après les informations de nos confrères, l'association de campagne du candidat Mélenchon a payé très peu de salaires comparé à celles des autres candidats (seulement 7.949 euros contre... 2,4 millions pour Marine Le Pen ou 1,7 millions pour Emmanuel Macron). Ce grand écart s'explique notamment par le fait qu'une dizaine de membres de son équipe de campagne a eu recours à l'auto-entrepreneuriat. Ils ont donc été payés en honoraires via une société qu'ils se sont empressés de fermer à l'issue de la campagne. Un statut que Jean-Luc Mélenchon qualifiait encore en 2012 "d'arnaque de première grandeur", ce qui a de quoi intriguer encore un peu plus.

Face à ces nombreuses zones d'ombre, FranceInfo a tenté de contacter les principaux protagonistes sans obtenir le moindre commentaire.