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Un jardinier-paysagiste accusé d'avoir tué des homosexuels à Toronto a été inculpé mercredi d'un septième homicide après la découverte des restes d'une nouvelle victime dans des bacs à fleurs, tandis que la police a rouvert 15 anciens dossiers de meurtres à la recherche de liens.

"On ne sait vraiment pas jusqu'où (cette enquête) peut aller", a convenu lors d'une conférence de presse Hank Idsinga, responsable de l'enquête à la police de Toronto, interrogé pour savoir si le nombre de victimes risquait encore d'augmenter. "La majorité sont des homosexuels", a-t-il précisé concernant les 15 dossiers de meurtres rouverts et commis entre 1975 et 1997.

Le tueur en série présumé, Bruce McArthur, 66 ans, a été arrêté mi-janvier puis inculpé au fil des mois de la disparition et du meurtre de six hommes qui fréquentaient le quartier homosexuel de Toronto. Depuis, la police ne cesse d'élargir son investigation.

Bruce McArthur avait pourtant interdiction de fréquenter ce quartier depuis 2001. Condamné alors pour des agressions d'homosexuels, le jardinier avait aussi été interdit d'entrer en contact avec des hommes prostitués. L'homme profitait de son emploi de jardinier-paysagiste pour enterrer les corps démembrés de ses victimes dans des bacs à fleurs et des jardinières. Au fil de l'enquête, la police a ciblé une trentaine de jardins pour lesquels l'accusé avait eu des contrats d'entretien. Mercredi, elle a annoncé que l'enquête était élargie à 75 jardins.

Le jardinier a brièvement comparu mercredi, via liaison vidéo, depuis sa prison, devant un tribunal de Toronto qui l'a inculpé du meurtre d'Abdulbasir Faizi, disparu en décembre 2010 à l'âge de 42 ans.

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Le véhicule de M. Faizi avait été retrouvé début 2011 non loin d'une maison dont les propriétaires avaient gracieusement mis un garage à disposition de Bruce McArthur pour entreposer son matériel de jardinage. Cette nouvelle inculpation fait suite à l'identification des restes d'Abdulbasir Faizi, découverts dans des bacs à fleurs du jardin de cette maison.

Le garage de ce domicile est devenu un élément central de l'enquête après la découverte par les policiers de plusieurs restes humains dispersés dans une vingtaine de bacs. Les restes de six des victimes identifiées à ce jour ont tous été découverts au même endroit. Les premières victimes avaient été portées disparues en 2010.

La police tente encore de retrouver le corps de la septième, Majeed Kayhan, 58 ans, pendant que des pathologistes tentent d'identifier d'autres restes humains.

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Une huitième victime ?

"Ce sont les restes de personnes qui ont été démembrées", a souligné le responsable de l'enquête. "Ils sont à des stades différents de décomposition (...) et la reconstitution et l'identification de ces restes a été longue et très difficile".

Le mois dernier, la police a diffusé une photo post-mortem d'une huitième victime présumée afin d'obtenir l'aide de la population pour son identification. Barbu et les cheveux noirs, l'homme porte des cicatrices au visage et semble avoir une cinquantaine d'années.

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La police n'a pas précisé la provenance de cette photo, considérée comme un "élément clé à charge", mais des clichés d'autres victimes avaient été retrouvés dans l'ordinateur du tueur en série présumé. La police a reçu des dizaines d'appels concernant l'identité possible de cet homme et étudie actuellement 22 pistes, a précisé Hank Idsinga. Vingt enquêteurs travaillent sur ce dossier.

Les fouilles de ces jardins où des restes humains auraient pu être enterrés vont reprendre en mai avec le retour du printemps et le dégel des sols, a indiqué M. Idsinga.

C'est en voyant un jeune homme pénétrer dans l'appartement du suspect que la police a décidé le 18 janvier de procéder immédiatement à son arrestation. Le jeune homme avait été retrouvé ligoté sur le lit de la chambre de McArthur.

Le tueur en série doit à nouveau comparaître le 25 avril au tribunal.

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