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La session d'investiture de Carles Puigdemont en tant que ministre-président de la Catalogne a été ajournée, a annoncé mardi matin le président du parlement Roger Torrent lors d'une conférence de presse. "L'Etat espagnol a montré l'un des visages les plus sombres du point de vue démocratique", a affirmé M. Torrent depuis le parlement à Barcelone. "Seuls les députés (catalans) décideront qui doit être président. Le gouvernement espagnol et la Cour constitutionnelle ont l'intention de violer les droits de millions de Catalans et cela ne sera pas accepté."

Pour Roger Torrent, "le président Puigdemont a le droit d'être investi". Il assure dès lors qu'aucun autre candidat ne sera présenté.

"Le président Puigdemont sait que la défense des droits des députés est ce qui me préoccupe le plus dans l'exercice de mes fonctions. Je me suis engagé à garantir son immunité", a encore dit M. Torrent. "Toute mon énergie sera concentrée sur la défense de l'institution et des électeurs, soit l'essence de la démocratie."

Le président du parlement régional n'a pas évoqué de nouvelle date pour cette séance.

Dans une réaction, la première secrétaire du Congrès des députés Alicia Sánchez Camacho (PP) a accusé Carles Puigdemont et les indépendantistes de "séquestrer" la politique en Catalogne en continuant à vouloir investir un candidat poursuivi par la justice.

D'importantes mesures de sécurité ont été mises en place dès mardi matin à proximité du parc de la Citadelle, où se trouve l'assemblée régionale, en raison d'appels à manifester lancés par des groupes indépendantistes, dont certains laissaient entendre qu'ils n'hésiteraient pas à recourir à la violence.

Toujours à Bruxelles

Par ailleurs, il semble, selon le journal El Periodico qui se base sur des sources policières, que M. Puigdemont soit toujours à Bruxelles ce mardi.


Rajoy prévient des risques judiciaires d'une investiture de Puigdemont

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a prévenu mardi des risques encourus par le président du parlement catalan s'il maintenait la session d'investiture de l'indépendantiste Carles Puigdemont en dépit de son interdiction par la justice.

"Le parlement de Catalogne, comme partout ailleurs doit respecter ce que la Cour constitutionnelle décide", a déclaré M. Rajoy: "S'il ne respecte pas une résolution des tribunaux, le président du parlement pourrait sans aucun doute être tenu pour responsable".

La Cour a souligné dans un arrêt rendu samedi de l'impossibilité d'organiser une telle investiture sans autorisation judiciaire préalable.

Elle a également écarté la validité d'une investiture à distance du séparatiste Puigdemont, installé à Bruxelles depuis trois mois et qui serait immédiatement arrêté s'il rentrait en Espagne, comme avant lui son ancien vice-président Oriol Junqueras.

© AFP