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L'ambiance risque d'être un peu tendue, ce jeudi soir, au sommet européen, entre le Premier ministre belge Charles Michel et son homologue espagnol Mariano Rajoy. Le second n'a pas du tout apprécié les propos tenus par le premier sur la Catalogne dans un entretien accordé le week-end dernier à nos confrères du «Soir» et du «Standaard ».

Le chef du gouvernement belge y disait que la crise catalane était " pas une crise juridique (l’argument de Madrid) mais politique" et appelait les deux parties au dialogue. Il justifiait son tweet condamnant les violences policières (espagnoles) le jour du référendum, expliquant qu'il avait exprimé spontanément sa conviction.

Des déclarations qui auront des conséquences, tonne Madrid

Ses déclarations sont très mal passées à Madrid, où le gouvernement se dit "stupéfait" d' "attaques" venant d'un d'un ' 'pays partenaire" .

Selon le quotidien flamand ''Het Laatste Nieuws", qui a obtenu copie d'échanges de mails diplomatiques, l'ambassadeur belge à Madrid a été sermonné par le cabinet Rajoy. Il lui a été signifié que l'Espagne trouve " inacceptable" que la Belgique mette sur le même pied le pouvoir central espagnol et un gouvernement régional (la Generalitat de Catalogne) et s'étonnait de ne pas avoir encore entendu aucun appel de la Belgique appelant la Catalogne a respecté l'ordre constitutionnel espagnol.

Plus grave : selon Madrid, les déclarations de M. Michel compromettent gravement les relations bilatérales entre les deux pays et "ne resteront pas sans conséquences" . Le gouvernement espagnol menacerait ainsi de ne pas soutenir la candidature de la Belge Catherine De Bolle pour prendre la tête d'Europol.


Charles Michel et Mariano Rajoy seront assis côte-à-côte lors du sommet européen

«Le Premier ministre Michel a exprimé la position belge (sur la Catalogne) devant le Parlement fédéral : elle est claire et non controversée » , a défendu une source diplomatique belge. Qui a précisé qu'aucune rencontre bilatérale entre les deux hommes n'était programmée lors du sommet européen de ces jeudi et vendredi, mais qu'ils pourraient toujours s'expliquer à la table des Vingt-sept : " M. Michel est assis à la droite de M. Rajoy » (ni l'un, ni l'autre n'ont de langue en commun, cela dit)".

Il n'est pas non plus certain que M. Rajoy souhaite ''exporter" la crise catalane qualifiée ''d'affaire interne à l'Espagne" au niveau européen. Le sujet ne figure d'ailleurs pas au menu de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union.

Michel ne fait pas marche arrière

Le Premier ministre Charles Michel a continué jeudi après-midi à appeler au dialogue entre le gouvernement espagnol et les autorités catalanes ainsi qu'à condamner toute forme de violence, à son arrivée au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays de l'Union européenne. Il a nié toute crise entre l'Espagne et la Belgique. "Il n'y a aucun incident, aucune crise, il y a une dramatisation médiatique sur base de propos que je maintiens et que j'assume", a-t-il indiqué aux journalistes belges.

S'il y avait un quelconque problème, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy "a mon numéro de téléphone, et le ministre espagnol des Affaires étrangères a le numéro" de son homologue belge Didier Reynders, a souligné le Premier ministre.