International Le comte Louis de Causans s'estime "spolié" du trône de Monaco et réclame 351 millions d'euros de dédommagement à la France.

"Une tricherie". Ce sont les mots employés par Louis de Causans, un aristocrate français, pour désigner les manoeuvres de l'Etat français sur les règles de succession monégasques, à la veille de la Première Guerre mondiale. En effet, l'homme de 44 ans accuse l'Etat Français d'avoir manigancé pour modifier les règles de succession de la Principauté de Monaco, au début du 20e siècle, nous apprend Le Parisien. Ceci aurait eu pour incidence, selon lui, d'évincer ses ancêtres de la prétention au trône.

"D’ordinaire, dans mon milieu, on reste discret et on renâcle à remuer ce genre de choses, concède le comte. Mais il faut rétablir la vérité. C’est une question d’honneur", déclare-t-il d'ailleurs au Parisien. Pour réparer son "préjudice", il réclame un dédommagement de la France à hauteur de 351 millions d'euros.


"Une escroquerie"

Cette "escroquerie", comme il la surnomme, remonterait à Louis II. A la veille de la Grande Guerre, le souverain monégasque n'a pas d'enfant et refuse de se marier. A l'époque, la règle est claire. Si Louis II meurt sans enfant, le pouvoir reviendra au second rameau, et en l’occurrence à son cousin Guillaume II de Wurtemberg-Urach, un Allemand.

"Mais pour la France, qu’un Allemand règne sur Monaco, c’était, à la veille de la Première Guerre mondiale, tout simplement inacceptable", déclare Jean-Marc Descoubès, l'avocat de Louis de Causans à nos confrères du Parisien.

Dès lors, des négociations secrètes auraient été entamées du côté Français, toujours selon l'avocat, documents historiques à l'appui. L'Etat français aurait manoeuvré, sous menace d'annexion, pour modifier les règles de succession de la Principauté de Monaco. En 1918, il est décidé qu'en "cas de vacance de la couronne, notamment faute d’héritiers directs ou adoptifs, le territoire monégasque formera, sous le protectorat de la France, un État autonome".

De là, Louis II décide d'adopter Charlotte, sa fille naturelle, née d'une aventure avec une hôtesse de cabaret. Charlotte deviendra la prochaine souveraine de Monaco. La branche allemande renoncera en 1924 à toute prétention. Des règles successorales qui auraient donc changé la donne, puisque théoriquement, c'est l'oncle de Louis de Causans, qui aurait pu régner aujourd'hui. Comme il l'explique, le compte souligne ne pas avoir de rancoeur vis à vis du prince Albert. "C’est la France qui a causé ce préjudice", conclut-il.