International

Il n'y aura pas de représentant politique belge à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en Russie, mais la Belgique n'entend pour autant pas boycotter officiellement cette manifestation, tel est le message qui est passé mercredi en commission des Relations extérieures de la Chambre. Les écologistes ont déposé une résolution qui demande notamment au gouvernement fédéral "de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques et de n'y envoyer aucun représentant de la Belgique si les autorités russes ne fournissent pas de preuves visibles de l'amélioration de la situation à l'égard du respect des droits de l'homme".

Au Sénat, un tel texte a déjà été rejeté, au profit d'une résolution plus large relative à la situation des droits de l'homme en Russie.

Les Verts ont porté cette fois-ci le problème à la Chambre. La députée Juliette Boulet (Ecolo) a notamment insisté sur la situation des homosexuels en Russie. A ses yeux, il est important que la Belgique profite de l'attention médiatique qui sera concentrée sur les JO d'hiver pour faire passer un message.

"C'est l'occasion d'envoyer un signal fort", a-t-elle expliqué.

La résolution vise aussi le Comité Olympique Interfédéral Belge (COIB) à qui il est demandé de placer, sur tous les vêtements des athlètes belges, un appel au respect des droits de l'homme et aux droits des minorités sexuelles.

La majorité a rejeté le texte. Plusieurs députés se sont interrogés sur ses aspects pratiques à deux jours de l'ouverture de Jeux. Ils ont aussi rappelé que plusieurs personnalités politiques belges avaient annoncé qu'elles ne se rendraient pas à cette cérémonie, comme le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders ou le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte.

Selon Christiane Vienne (PS), la situation des droits de l'homme impose une réaction politique et diplomatique forte, entre autres dans des enceintes comme celle du Conseil de l'Europe, mais non sportive. A ses yeux, il ne revient pas au COIB de jouer un tel rôle.

"Notre demande vise les autorités politiques belges. On peut faire des communiqués de presse à tout va. Si on ne les concrétise pas quand c'est possible de le faire, c'est de la paresse politique", a regretté Mme Boulet.

Au-delà, il n'est pas de tradition dans le chef des autorités belges d'envoyer des représentants politiques aux Jeux olympiques d'hiver, la Belgique ayant peu l'occasion de se singulariser dans les disciplines proposées.

La flamme à Sotchi, la Russie "prête" pour les Jeux, dit Poutine

La flamme olympique des Jeux d'hiver a été accueillie mercredi pour la première fois à Sotchi, ville hôte où le président Vladimir Poutine a déclaré que la Russie était "prête" pour ce rendez-vous planétaire dans deux jours.

Sept ans après l'attribution à la Russie du plus important événement international dans ce pays depuis la chute de l'URSS en 1991, les organisateurs ont mis la dernière touche aux préparatifs avant la cérémonie d'ouverture vendredi dans le stade Fisht flambant neuf construit au bord de la mer Noire.

La Russie continue cependant de faire l'objet de critiques, à l'image des manifestations organisées mercredi dans le monde contre une loi russe "anti-gay", et des protestations d'une ONG russe de défense de l'environnement critiquant les dégâts causés par les travaux à Sotchi contre la nouvelle mise en détention d'un de ses militants.

Trois mois après son départ de Moscou pour le plus long périple à travers la Russie, le flambeau olympique a entamé son parcours à Sotchi dans les districts Lazarevski et Adler, avant d'être emmené sur les hauteurs de Rosa Khoutor, où auront lieu les épreuves de montagne.

A Sotchi jusqu'à vendredi, la flamme sera portée sur route, en train et bateau. Parmi les porteurs prévus figurent le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le président du comité olympique (CIO) Thomas Bach et la "tsarine" de la perche russe Elena Isinbayeva.

L'ultime étape est prévue vendredi soir pour l'allumage de la vasque olympique au stade Fisht où se déroulera la cérémonie d'ouverture des Jeux.

"La Russie a travaillé pendant sept ans jusqu'à maintenant, c'est un projet national", a déclaré M. Poutine en référence à la désignation de Sotchi en 2007.

Grand amateur de sport, M. Poutine a fait le tour des installations du pôle mer - l'un des trois villages olympiques, les deux autres étant dans le pôle montagne -- guidé par la "tsarine" de la perche et ancienne championne olympique Elena Isinbayeva, qui a pris de nombreuses photos avec son smartphone pendant le discours du chef de l'Etat.

"Tous nos supporteurs, qui sont des centaines de milliers, des millions, vont regarder chacune de vos prestations avec la plus grande attention", a déclaré M. Poutine en s'adressant aux athlètes de la sélection russe.

"Nous comptons tous sur vous. Nous avons une jeune équipe très prometteuse, et je ne doute pas que vous allez tout faire pour remporter des succès", a-t-il ajouté.

M. Poutine a également mis l'accent sur la sécurité, préoccupation majeure de ces Jeux dans une zone siutée à quelques centaines de kilomètres des républiques instables du Caucase du Nord où la Russie combat depuis des années une rébellion islamiste.

Il a souligné que la sécurité était toujours une "source d'inquiétude" lors d'événements internationaux, aussi bien sportifs que politiques.

Les Jeux de Sotchi sont les plus chers de l'histoire olympique, avec des aménagements gigantesques pour un montant global de 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros), et aussi parmi les plus controversés.

Le jour où la flamme arrivait à Sotchi, l'ONG de défense LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels) All Out a organisé des manifestations dans 19 villes du monde, de New York à Melbourne en passant par Paris et Saint-Pétersbourg pour la Russie (mais pas Sotchi), appelant les sponsors des JO à "sortir de leur silence sur les lois anti-gays russes".

Une loi promulguée en juin dernier par M. Poutine, punissant d'amende et de prison la "propagande" de l'homosexualité devant mineurs a suscité de vives critiques, notamment en Occident.

"C'est le moment de pousser les sponsors à utiliser leur pouvoir économique, afin d'appeler à l'abrogation de ces lois discriminatoires", écrit All Out sur son site.

Abordant le sujet dans un discours mardi à Sotchi, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a déclaré que tout le monde devait lutter contre les "discriminations sur la base (...) de l'orientation sexuelle ou tout autre préjudice".

Mais le sport ne devrait pas être "une tribune pour des dissidences politiques ou pour essayer de marquer des points pour des motifs de contestation politique intérieure ou extérieure", a souligné M. Bach.