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Chantal Sébire, la femme de 52 ans atteinte d'une maladie incurable qui s'était tournée vers la justice pour l'autoriser à recourir à une euthanasie, a été retrouvée morte, mercredi soir, à son domicile de Plombières-les-Dijon, a révélé le quotidien "Le Bien public" sur son site Internet. Les circonstances exactes de ce décès n'étaient pas connues au moment d'écrire ces lignes. Chantal Sébire, atteinte d'une esthésioneuroblastome, tumeur rarissime et incurable aux sinus et à la cavité nasale, qui la défigurait et la faisait atrocement souffrir depuis huit ans, s'était déclarée résolue à affronter la mort lucidement et en toute conscience.

Un juge de Dijon avait repoussé lundi sa requête pour qu'on l'autorise à prendre un produit mortel. Cette demande se heurtait pour lui au code de déontologie médicale, qui interdit à un médecin de donner délibérément la mort, et au code pénal, qui fait de l'aide au suicide une infraction.

Pourtant, le cas dramatique de Chantal Sébire avait commencé à ouvrir un débat sur la question de l'euthanasie. Ainsi, alors que, la semaine dernière, le gouvernement français avait exclu toute évolution dans ce domaine, la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, réagissant à une proposition de plusieurs personnalités, notamment le député PS Gaëtan Gorce et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, pour un élargissement des possibilités légales en France, se déclarait plutôt favorable à une telle réforme.

Aussi, le Premier ministre François Fillon décidait-il de charger le député UMP et médecin Jean Leonetti d'une mission d'évaluation de la loi de 2005 qui porte son nom. Elle avait été mise au point après l'affaire Vincent Humbert, un jeune tétraplégique dont la mort avait été provoquée médicalement à sa demande et à celle de sa famille. Cette loi permet "l'euthanasie passive", c'est-à-dire, pour les malades atteints de pathologies incurables en phase terminale, l'arrêt des traitements et l'administration de sédatifs, même s'ils risquent d'entraîner la mort. Elle proscrit toujours cependant "l'euthanasie active".