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Le célèbre criminel qui avait commandité une vague de meurtres aux Etats-Unis dans les années 60, est mort ce dimanche à 83 ans. Retour sur le parcours hallucinant du gourou psychopathe.

«As-tu déjà rêvé d’un endroit où tu ne te souvenais pas être allée? demande l’ex-hippie Peter Fonda à une jeune femme fascinée par les sixties dans l’Anglais de Steven Soderbergh, en 1999. Un endroit qui n’existe peut-être que dans ton imagination. Un endroit lointain, dont tu ne te souviens qu’à moitié, à ton réveil. Quand tu y étais, tu connaissais la langue, tu savais te débrouiller. C’était ça, les années 60. Non, même pas ça. Seulement 66 et le début de 67. C’est tout.» Et ensuite ?

Lorsque, la même année, il débarque dans le quartier de Haight-Ash­bury à San Francisco, Charles Manson, 1 m 57, cheveux longs et guitare vissée dans le dos, pénètre dans le pays d’Oz du psychédélisme, la Mecque de la contre-culture et des activistes cool, des filles disponibles et/ou défoncées, des runaways paumées et des teens curieuses. Le «summer of love» de 1967, le plus bel été de l’histoire de l’Amérique et de la marijuana comme s’il en pleuvait. Les Stones composaient Sympathy for the Devil et Jim Morrison sortait Light My Fire. Un pays d’Oz flanqué d’un ciel sans nuages apparents que rien, ni le spectre satanique lâché sur l’immeuble Dakota de New York par Ira Levin dans Rosemary’s Baby – adapté un an plus tard par le «polac» Polanski –, ni le corps en charpie de Jayne Mansfield, retrouvé en ce mois de juin quelque part entre Biloxi et la Nouvelle-Orléans, ne semblait pouvoir obscurcir.

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