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Le Premier ministre Charles Michel a achevé mardi une visite en Albanie et en Serbie par des rencontres avec son homologue et le président serbes. Le chef du gouvernement fédéral a insisté sur sa volonté de connaître les positions de Belgrade sur plusieurs dossiers afin de pouvoir ensuite en parler de manière nuancée avec ses collègues européens.

Depuis 2012, la Serbie est officiellement candidate à l'adhésion à l'UE. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, estimait récemment que le pays pourrait, tout comme le Monténégro, intégrer la famille européenne à l'horizon 2025.

Pour le gouvernement belge, cette date indicative n'est toutefois pas fondamentale, au contraire des réformes menées sur le terrain par les autorités serbes.

Dans la perspective d'une adhésion, l'une des principales pierres d'achoppement pour la Serbie reste sa relation complexe et tendue avec le Kosovo. Cette ancienne province serbe s'est proclamée unilatéralement indépendante en 2008, une démarche qui n'a cependant jamais été reconnue par Belgrade, ni par cinq États membres de l'UE (Grèce, Espagne, Chypre, Slovaquie et Roumanie).

Mardi, le président serbe Aleksandar Vucic a souligné que si la Belgique avait reconnu l'indépendance du Kosovo, le Premier ministre Michel était toutefois disposé à entendre les arguments serbes sur cette question. Lors des cinq heures d'entretien qu'ils ont eu pendant deux jours, "son bon ami" Charles Michel lui a même suggéré des pistes de réflexion, a noté M. Vucic.

Ce dernier s'est une nouvelle fois dit prêt à trouver un terrain d'entente avec Pristina, mais a insisté sur le fait qu'un compromis ne pourrait être atteint qu'à condition que des efforts soient réalisés par les deux parties. "Nous ne pourrons pas accepter une solution qui serait humiliante pour la Serbie", a-t-il mis en garde.

Charles Michel a quant à lui insisté sur l'importance d'écouter les positions de chacun. "Une meilleure compréhension d'une situation et des nuances d'un débat sont importantes pour parvenir à une bonne solution. J'ai l'intention de partager ces réflexions avec mes collègues européens", a d'ailleurs promis le Premier ministre belge, dont la visite à Belgrade a suscité une attention notable des médias locaux.

L'avenir européen des pays des Balkans occidentaux occupera au cours des prochains mois une belle place sur l'agenda des dirigeants de l'UE. Ces derniers aborderont en effet le sujet avec leurs homologues de l'Albanie et des pays de l'ex-Yougoslavie lors d'un sommet à Sofia le 17 mai. Ce point pourrait aussi être à l'ordre du jour lors du Conseil européen du mois de juin.

La Belgique est prête à jouer un rôle positif dans ce débat en essayant de faire en sorte qu'une compréhension fine de la situation de la région puisse être utilisée afin d'encourager les efforts qui contribuent à sa stabilité, a expliqué Charles Michel.

Lors de sa rencontre avec son homologue Ana Brnabic, le Premier ministre belge a par ailleurs abordé d'autres défis auxquels la Serbie doit faire face, mais aussi les relations bilatérales. Des questions relatives au terrorisme et à la lutte contre le crime organisé ont entre autres été évoquées.

M. Michel a d'ailleurs rappelé à cette occasion qu'une collaboration fructueuse avait été mise sur pied entre le ministère de l'Intérieur serbe et la police belge.

Mme Brnabic a, pour sa part, souligné que le nombre de touristes belges en Serbie avait augmenté de près de 40% l'année dernière par rapport à 2016. Selon elle, une hausse de 93% a même été observée au cours des deux premiers mois de 2018.

Sur le plan économique, les relations entre les deux États - qui représentaient 540 millions d'euros en 2017 - peuvent encore être améliorées, ont estimé les chefs de gouvernement.

Ana Brnabic a d'ailleurs invité les opérateurs économiques belges et serbes à se pencher ensemble sur les perspectives de développement de ces relations.