International "Je suis effondré, j'ai reçu cette nouvelle comme vous tous. En pleine poire" a réagi Philippe Geluck sur les ondes de la radio française RTL. "Il y a d'abord la peine de perdre des amis, des grands maîtres de mon métier. Siné, Cabu et Wolinski sont des gens qui m'ont donné envie de faire ce métier, qui ont été des guides pour moi. Puis Charb et Tignous étaient des amis, des gens d'un talent fou. Je suis révolté. Comment une telle barbarie est-elle possible? Comment peut-on répondre à des dessins par des armes?"

"C'est sûr qu'ils ont fait des choses extrêmement gonflées à certains moments, c'est sûr qu'ils ont provoqué" reconnaît Geluck. "C'est leur métier aussi, et c'est la noblesse de la presse satirique. Mais c'est toute la presse et toute la liberté d'expression qui est blessée."

"C'est un journal qui est mis à terre. C'est extrêmement grave ce qui se passe" poursuit le père du Chat, qui parle d'un événement "de l'ampleur du 11 septembre à New York. Le signe qui est envoyé, c'est un signe de guerre." [...] "On était loin d'une violence militaire ou policière. Eh bien là, aujourd'hui, les temps ont changé."

duBus : “On fait un métier pour rigoler, pas pour finir mort à la guerre”

Comme l’ensemble des confrères ou copains des caricaturistes, duBus, est atterré. “Inimaginable…”, réagit-il. 

Le dessinateur de presse qui fait chaque jour à La Libre et La DH l’honneur de ses traits malicieux, est consterné. “J’ai d’abord entendu parler d’une attaque… Là, instinctivement, on minimise, on imagine une bombinette. Puis l’info se précise : trois hommes cagoulés, des kalachnikovs, des lance-roquettes, puis douze morts. Je suis par terre, c’est inimaginable.”

“Je ne les connaissais pas personnellement, sauf Cabu, que j’avais rencontré il y a longtemps. Mais peu importe, cela n’enlève ou n’ajoute rien au drame. Il faut bien se rendre compte que nous, dessinateurs et caricauristes de presse, on fait un métier pour rigoler. Pas pour finir morts à la guerre.”

Bien qu’il soit moins frontal que l’esprit Charlie, duBus s’est-il déjà senti menacé, suite à un dessin un peu borderline ? “Je ne fais pas du Charlie Hebdo. En soi, je ne suis même pas un très grand fan de leur ligne, même si je suis convaincu qu’elle a sa place. Ils sont dans l’opposition directe, le défi. Ah, on ne peut pas dessiner le prophète ? Ben justement, je vais le faire, alors. Je ne fonctionne pas comme ça. Je préfère contourner, induire sans dire. A Charlie Hebdo, ils disaient très clairement, sans doute parfois trop, dans la provoc. Je ne les suivais pas de trop près, mais là, par soutien, c’est clair : je m’abonne. Il faut absolument les laisser continuer à faire ce qu’ils font, même si ce n’est pas forcément ma tasse de thé…”