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Les frères Kouachi, auteurs de l'attentat sanglant contre Charlie Hebdo, ont été tués ce vendredi peu avant 17h. Après plusieurs heures de confrontation, les forces spéciales ont donné l'assaut à Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, où Saïd et Chérif Kouachi retenaient une personne en otage depuis le matin.

L'otage est indemne alors qu'un membre du GIGN a été blessé dans l'opération. Ses jours ne sont pas en danger.

Les deux frères seraient sortis de l'imprimerie en tirant sur les forces de l'ordre, qui les ont abattus. Des détonations et des explosions de grenades avaient précédemment été entendues à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Paris), là où se tenait la prise d'otages.


La prise d'otages était en cours depuis ce vendredi matin. Elle avait lieu dans l'imprimerie familiale "Création Tendance Découverte", à environ une demi-heure de route de la zone où étaient recherchés les fugitifs depuis jeudi.

Des hélicoptères ont longuement survolé la zone industrielle de cette localité de 8.000 habitants. En début d'après-midi, plusieurs établissements scolaires avaient été évacués.


"J'ai croisé un terroriste, je lui ai serré la main"

France Info a recueilli le témoignage de Didier, un commercial qui avait rendez-vous dans l’imprimerie ce matin et qui a croisé les terroristes. Il a expliqué : "Devant la porte, j'ai croisé un terroriste, je lui ai serré la main et je lui ai dit bonjour. Ils ont dit 'partez, on ne tue pas les civils'. Ils étaient habillés comme des policiers d'intervention : en noir, gilet pare-balles et fusils. Je ne les ai pas reconnus (...) Je suis monté dans ma voiture (...) J'ai eu beaucoup de chance ce matin".

Le Figaro a lui interrogé Florence, comptable dans une entreprise située à 200 mètres de l'imprimerie. Elle affirme avoir entendu des coups de feu à 8h40. Les gendarmes ont demandé aux employés de monter à l'étage de leur entreprise. Et, à 11h, ils ont été évacués de cette zone.

Echange de coups de feu

Précédemment, les forces de l'ordre avaient échangé des coups de feu et se s'étaient lancées dans une course-poursuite au nord-est de la région parisienne avec les deux suspects, après que les suspects aient forcé un barrage de police.

Une Peugeot 206 avait été volée ce jeudi à 8h10, en bordure de forêt à un kilomètre environ du village de Montagny-Sainte-Félicité, a expliqué le maire de l'entité au Figaro.


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Recherches dans une vaste zone boisée

Jeudi et ce vendredi matin, les recherches des forces d'élite se concentraient dans une vaste zone rurale et boisée à quelque 80 kilomètres au nord-est de Paris, à cheval entre l'Aisne et l'Oise, où Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans, ont été formellement reconnus jeudi matin par le gérant d'une station-essence qu'ils ont agressé. Visage découvert, ils étaient armés de Kalachnikov et disposaient d'un lance-roquette dans leur voiture, selon la vidéosurveillance.

Un barrage de police, tenu par des troupes d'élite cagoulées et lourdement armées, filtrait les accès à la forêt domaniale de Retz, où s'étaient concentrées les opérations la veille. Dans la soirée de jeudi, le dispositif des forces de l'ordre avait été allégé.

Montrouge : un suspect identifié

Deux interpellations ont eu lieu ce vendredi matin dans l'Essonne dans le cadre de l'enquête sur la fusillade de Montrouge au cours de laquelle une policière a trouvé la mort.

"Le suspect a été identifié. Deux interpellations ont eu lieu dans son entourage très proche", selon des sources proches du dossier. L'enquête sur la fusillade qui a fait un mort et un blessé grave jeudi matin dans cette commune des Hauts-de-Seine "avance", avait assuré un peu plus tôt le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Des sources policières ont annoncé que le suspect de Montrouge connaissait les frères Kouachi.

La vie des quatre blessés graves n'est plus en danger

Les quatre personnes qui ont été grièvement blessées lors de l'attaque contre Charle Hebdo sont encore en "situation d'urgence", "mais leur vie n'est plus en danger", a indiqué Bernard Cazeneuve. Les sept autres blessés, plus légèrement atteints, sont sortis de l'hôpital, a précisé le ministre.

Inscrits sur la liste noire américaine du terrorisme

Les frères Kouachi, nés à Paris de parents algériens, sont des jihadistes dont le nom est inscrit "depuis des années" sur la liste noire américaine du terrorisme, selon une source américaine.

Chérif était bien connu des services antiterroristes français: surnommé Abou Issen, il a faisait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" qui visait à envoyer des jihadistes en Irak, où lui-même entendait se rendre en 2005 avant d'être interpellé. Il avait été condamné pour ces faits en 2008 à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. L'enquête a brossé à cette époque le portrait d'un jeune animé, selon des témoignages, de la "rage contre les mécréants" et qui évoquait déjà sa volonté d'agir en France.

Son aîné, Saïd, "formellement reconnu" par les autorités comme un "agresseur" de l'attentat de mercredi matin à Charlie Hebdo, semblait plus discret. Mais selon un responsable américain, il s'était rendu au Yémen en 2011 pour s'entraîner au maniement des armes - une formation dispensée par un membre d'Al-Qaïda au Yémen.

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La tuerie dans les locaux de l'hebdomadaire satirique, régulièrement menacé depuis 2006 et la publication de caricatures de Mahomet, n'a pas été revendiquée. Mais ses auteurs, qui ont crié "Allah akbar" et "on a vengé le prophète" lors de l'attaque, ont été salués commes des "héros" par le groupe jihadiste Etat islamique actif en Syrie et en Irak. Les groupes jihadistes sont considérés comme une vraie menace par les autorités occidentales. "Un groupe de terroristes d'Al-Qaïda en Syrie projette des attentats de grande ampleur contre l'Occident", a prévenu jeudi le chef du service de renseignement intérieur britannique (MI5) Andrew Parker.

Une très forte émotion a saisi la France après l'attaque dans laquelle ont notamment été tués certains des caricaturistes français les plus connus, comme Wolinski ou Cabu, père du "Beauf" et du "grand Duduche". Mais aussi Charb, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, le chroniqueur économique Bernard Maris, deux policiers, une chroniqueuse, un correcteur, un invité de la rédaction et un agent de maintenance.

Un suspect s'est rendu à la police

Mourad Hamyd, 18 ans, le plus jeune des trois hommes visés par un avis de recherche lancé mercredi, s'est lui rendu dans la soirée au commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes). Mais il avait par la suite été relâché, après avoir été innocenté.

Des opérations de "perquisitions et de vérifications" de lieux rattachés aux suspects ont été menées mercredi soir à Reims et Charleville-Mézières, impliquant des policiers d'élite du Raid. D'autres ont eu lieu à Strasbourg mais aussi à Pantin ou Gennevilliers en région parisienne.

Le récit de la journée de mercredi est à lire en cliquant ici .