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Il n'y a pas de tensions en Chine malgré les appels à des rassemblements antigouvernementaux inspirés des récents mouvements au Moyen-Orient, a affirmé lundi le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi.

"Je n'ai pas remarqué de signe de tension", a déclaré le chef de la diplomatie en réponse à une question sur les brutalités et le harcèlement policier dont ont été victimes des journalistes étrangers sur les lieux des appels à ces "rassemblements du jasmin".

"Ce que j'ai vu, ce sont des Chinois ayant passé un joyeux Nouvel an lunaire et une joyeuse Fête des lanternes (15 jours après le Nouvel an). Maintenant, ils sont occupés par leur travail et se concentrent sur le développement du pays", a poursuivi M. Yang.

Le Premier ministre Wen Jiabao a pourtant reconnu samedi que les disparités entre riches et pauvres, la corruption et d'autres problèmes soulevaient de "vives réactions" dans la population, et annoncé des efforts de son gouvernement pour les résoudre.

Dimanche, la presse officielle chinoise a renforcé ses critiques envers les appels à de tels rassemblements, soulignant que la stabilité du pays était essentielle.

Jeudi, le Global Times avait accusé certains journalistes étrangers en Chine de fabriquer des informations de toutes pièces à la demande de leurs patrons. Le 27 février, un journaliste de Bloomberg News accrédité en Chine a été roué de coups par des membres de la sécurité dimanche à Pékin où il couvrait un appel à un rassemblement. Une douzaine de journalistes avaient été embarqués au poste de police.

La semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères a demandé aux journalistes de "coopérer" avec la police.

"Nous allons continuer à faciliter le travail des journalistes, mais en même temps nous espérons que les journalistes étrangers vont se conformer aux lois et règlements chinois", a encore déclaré M. Yang lundi. "Il n'y a pas d'affaire de policiers chinois ayant battu des journalistes étrangers", a-t-il affirmé.

Les journalistes se sont venus intimer l'ordre de demander une permission avant de se rendre sur les lieux des appels à rassemblements, mais cette autorisation leur a ensuite été refusée.