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Le candidat de la droite dure, opposée à l'accord de paix avec l'ex-guérilla Farc, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle dimanche en Colombie, mais devra affronter au second tour le représentant d'une gauche antisystème. Dans un pays émergeant de plus d'un demi-siècle de conflit armé et où la droite règne depuis toujours, son champion Ivan Duque, opposé au pacte avec l'ex-rébellion, a devancé Gustavo Petro, ancien maire de gauche de Bogota, détaché des partis traditionnels. Ils s'affronteront au second tour le 17 juin.

Sur 99,46% des suffrages dépouillés, Ivan Duque, dauphin de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), a recueilli 39,11% des voix, suivi par Gustavo Petro, ex-guérillero du M-19 dissout, avec 25,10%. Le centriste Sergio Fajardo s'est placé 3e avec 23,76%, selon ces résultats communiqués par l'autorité électorale.

"Je veux un pays de légalité, de lutte contre la corruption, un pays qui respire la sécurité, la liberté d'entreprise", avait déclaré M. Duque en votant à Bogota.

M. Petro, premier candidat de gauche à parvenir aussi loin dans une course présidentielle, a appelé pour sa part à "un présent et un avenir" sans haine, ni vengeance.

Cette élection, à l'issue de laquelle la droite dure pourrait reconquérir la présidence, va peser sur l'avenir de l'accord de paix signé en 2016 avec la plus puissante rébellion des Amériques, un pacte qui a polarisé une société meurtrie par une guerre fratricide, la plus longue du continent.

Le président sortant Juan Manuel Santos, 66 ans, s'est réjoui de ces "élections les plus sûres" depuis des décennies, pour lesquelles quelque 36 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Selon l'autorité électorale, le déroulement du scrutin a été "totalement normal".