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Les nombreux Indignés qui se sont mobilisés aux quatre coins du globe, depuis le week-end dernier, ont suscité la sympathie des dirigeants européens. Les présidents de la Commission européenne José Manuel Barroso et du Conseil de l’Union européenne Herman Van Rompuy ont manifesté leur sympathie à leur égard, lundi à Bruxelles. "Je comprends largement la frustration de tous ces gens, en Europe et au-delà, a indiqué José Manuel Barroso. Ce mouvement global est aussi le résultat de ce qui s’est passé dans le secteur financier, où nous avons assisté à certains comportements tout à fait irresponsables et, parfois même, de nature criminelle", a-t-il ajouté. Le président de la Commission a aussi pointé du doigt les failles du secteur financier "qui doit comprendre qu’il doit respecter un minimum de normes éthiques".

Le président de la Commission et le président du Conseil de l’Union européenne s’accordent à envisager que le secteur financier puisse également apporter sa contribution pour résorber la crise actuelle. "Tout le monde doit mettre la main à la poche pour le bien commun", a souligné José Manuel Barroso, rappelant le souhait de la Commission de taxer les transactions financières.

Voici déjà de quoi rassurer les Indignés, qui continuent de clamer : "Nous sommes les 99 %" (à payer les conséquences de la crise, NdlR). "Nous comprenons que les mesures prises dans de nombreux pays ne sont pas populaires, leur a répondu le président du Conseil de l’Union européenne. Mais les mesures de restriction sont nécessaires pour rétablir les équilibres fondamentaux de l’économie [ ] et assurer un avenir meilleur", a-t-il martelé, tout en jugeant "légitimes les inquiétudes des jeunes pour la croissance et l’emploi." "La meilleure solution pour rétablir la confiance reste la consolidation budgétaire, les réformes structurelles et les mesures pour la croissance" , a précisé, dans la même ligne, le président de la Commission.

Ces déclarations des dirigeants européens à l’égard des Indignés en ont appelé d’autres lundi, tandis que le mouvement se poursuivait dans les villes symboles de la finance mondiale. A Francfort, les 150 à 200 Indignés qui campaient aux abords de la Banque centrale européenne (BCE) ont reçu le soutien de la chancelière allemande. Angela Merkel a dit éprouver de la "compréhension" pour ceux qui manifestaient dans la rue contre la crise.

Le mouvement a même fait réagir Pékin et Moscou. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, dont le pays n’a pas été touché par le mouvement, a relevé que les gouvernements occidentaux n’étaient "pas en mesure" de faire face à leurs obligations sociales. Un porte-parole de la diplomatie chinoise a, quant à lui, jugé que les Indignés anti-Wall Street "soulèvent des questions qui méritent" réflexion.

A New York, où le mouvement Occupy Wall Street (OWS) a fêté son premier mois d’existence, des centaines de personnes occupaient toujours le coeur du quartier financier à Manhattan. La protestation était en revanche retombée en Italie, où les violences ont fait 135 blessés samedi à Rome.

Les Indignés ont été entendus et soutenus, en parole. L’avenir dira si leurs multiples idées seront prises en compte dans la reconstruction de l’économie, européenne et mondiale.