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"Chacun doit prendre ses responsabilités sur l'approche de la Turquie" quant au conflit syrien, a déclaré mercredi à Bruxelles Riad Darar, co-leader du Syrian Democratic Council, l'aile politique des Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-kurde alliée des Etats-Unis en Syrie. Avec le coprésident du Parti de l'Union démocratique (PYD), Salih Muslim, ils demandent à l'UE de ne pas "céder au chantage turc". 

Lancée le 20 janvier, l'opération "Rameau d'olivier", menée par la Turquie avec des rebelles syriens, vise officiellement à chasser les YPG (Unités de protection du peuple), classé groupe "terroriste" par Ankara mais allié des Etats-Unis dans la lutte contre le djihadisme, de l'enclave frontalière d'Afrine située dans le nord-ouest syrien.

Selon MM Darar et Muslim, la raison de cette offensive est pourtant à chercher ailleurs. "L'objectif est d'empêcher toute solution démocratique en Syrie", dénoncent-ils, affirmant que la volonté d'Erdogan est de provoquer un changement géopolitique afin de déstabiliser la région.

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a d'ailleurs estimé mardi que l'offensive turque "a détourné la coalition internationale du combat contre l'Etat islamique dans l'est de la Syrie" puisque "des forces" kurdes, soit le principal allié des Etats-Unis dans la lutte anti-djihadiste, "se sont dirigées vers" Afrine.

Riad Darar va un pas plus loin et accuse la Turquie d'avoir formé des combattants de l'EI, chassés lors de leurs défaites en Syrie et en Irak, et de les soutenir désormais dans les combats de la région d'Afrine. Une région plutôt épargnée jusqu'à présent, et qui avait accueilli près d'un demi-million de déplacés syriens depuis le début de la guerre, selon lui. Sans disposer de preuves scientifiques, M. Darar affirme également que les forces turques ont fait usage d'armes prohibées, notamment de napalm et des armes à sous-munitions.

MM. Darar et Muslim déplorent qu'aucun Etat-membre de l'UE n'ait encore assumé "une position nette" sur la situation et ce qu'ils avancent comme des "violations du droit international" par la Turquie.