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Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner a estimé que la venue au congrès du FN samedi de l'ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, qu'il qualifie de "roi des fake news et des suprémacistes blancs", ne montrait pas un changement du parti d'extrême droite.

"Le roi des Fake news et des suprémacistes blancs au congrès du FN....Pourquoi je ne suis pas surpris? Changement de nom, mais pas de ligne politique!", a écrit dans un tweet le secrétaire d'Etat vendredi soir.

"C'est mon amitié et mon réseau franco-congolais qui m'ont rapproché de Bannon", a réagi samedi auprès de l'AFP Louis Aliot, vice-président du FN, "alors vous vous doutez de ce que je pense de la phrase sur le suprémacisme blanc de Castaner..."

Interrogé de son côté sur les propos racistes que Steve Bannon est souvent accusé de tenir, le député FN du Gard Gilbert Collard a souligné sur francinfo: "je n'approuve pas du tout". "Je peux dire à un raciste qu'il est immonde, mais faut-il encore que je le voie pour le lui dire", a-t-il ajouté.

Le congrès du Front national se tient samedi et dimanche à Lille. Sa présidente Marine Le Pen doit proposer dimanche un nouveau nom pour le parti afin de le "refonder" en formation de gouvernement.

Steve Bannon doit s'exprimer en personne samedi en fin d'après-midi devant ce congrès, où il rencontrera Marine Le Pen, avait annoncé vendredi soir Louis Aliot.

Ancien président du site d'extrême droite Breitbart News, Steve Bannon a connu au plus près l'ascension de Donald Trump. Il a dirigé sa campagne dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle puis a été son conseiller durant les sept premiers mois de sa présidence, avant de quitter la Maison Blanche en août.

M. Bannon avait, en juillet 2016, qualifié l'ex-députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, très populaire au FN et qui a fait un retour médiatique remarqué fin février, en prenant la parole devant le gratin ultra-conservateur américain, de "nouvelle étoile montante" de l'extrême droite.

Cette dernière lui avait répondu en novembre de la même année qu'elle serait "contente" de travailler avec lui s'il venait en France.

Selon le New York Times daté de samedi, Steve Bannon effectue une tournée en Europe avec l'ambition de fonder une "infrastructure, mondialement, pour le mouvement populiste mondial".

Cité par le quotidien américain, il rapporte que le FN lui a demandé s'il voulait "venir pour le week-end" parce que "tous nos militants aimeraient beaucoup vous entendre".

Sa venue n'a "rien" coûté au FN, a souligné Louis Aliot. "Rien. Il était en Europe. Et en tournée de construction de son projet anti-globalisme... La proximité avec l'élection italienne où il était observateur a permis sa venue. Rien de plus".