Contrôles électroniques aux frontières, "un gadget"

G.T. Publié le - Mis à jour le

International

Mathias Vermeulen, Chercheur au sein du groupe de recherche en Droit, Science, Technologie et Société de la VUB

Selon vous, ces systèmes seront-ils vraiment efficaces ou s’agit-il de gadgets coûteux et inutiles ?

Les "frontières intelligentes" faciliteront seulement la mobilité d’une minorité, environ 5 % des voyageurs issus de pays extérieurs à l’Union européenne.

La grande majorité des autres seront quant à eux confrontés à de plus longs temps d’attente, en particulier parce qu’il est prévu de contrôler leurs dix empreintes digitales. Le système de contrôle des entrées et sorties est spécialement un coûteux gadget qui fournira à l’UE et ses membres de meilleures statistiques. Mais cela n’aura pas de conséquence pratique pour ceux qui dépassent leur délai de séjour autorisé. Un immigrant illégal sera seulement "pris" dans le cadre de contrôles sur le terrain. Il n’est pas garanti que cela permettra de prévenir l’immigration irrégulière car la plupart de ces gens n’arrivent pas sur le territoire européen par les points d’entrée normaux. Dans ce contexte, on peut se demander si l’Europe a besoin de mettre sur pied cette nouvelle banque de données en ces temps d’austérité. D’autant que l’expérience montre que les coûts finaux sont souvent beaucoup plus élevés qu’estimé - parfois le triple !

N’y a-t-il pas le risque de créer une discrimination entre les voyageurs réguliers et les autres ?

Il y a toujours un risque sécuritaire à créer une liste de "bonnes" personnes. Dès que vous créez une catégorie de voyageurs "de confiance", faire partie de cette catégorie devient immédiatement une priorité des programmes d’entraînement terroristes.

Quelles sont les répercussions potentielles sur la protection de la vie privée ?

La Cour européenne des droits de l’homme a jugé que le stockage des données personnelles, en particulier les informations sensibles comme les données biométriques, interfère toujours avec le droit à la vie privée. En l’état, la Commission ne démontre pas la nécessité de stocker ces données.

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