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Un avion d'Egyptair reliant Paris au Caire avec 66 personnes à bord a disparu des écrans radars dans la nuit de mercredi à jeudi. Les autorités grecques ont repéré deux objets flottant à environ 70 km au sud-est de la zone où l'avion a disparu. Mais, pour le comité grec de sécurité aérienne, il ne s'agirait pas de morceaux d'avions.


Le président du Comité grec de sécurité aérienne a affirmé à l'AFP que les débris retrouvés jusque là dans la zone proche du point de chute présumé de l'avion Egyptair "ne proviennent pas d'un avion". "Jusqu'à maintenant, l'analyse des débris retrouvés indique qu'ils n'appartiennent pas à un avion, mon homologue égyptien m'a confirmé aussi qu'il n'était pas avéré que ces débris venaient du vol d'Egyptair lors de notre dernier contact, vers 17H45 GMT", a affirmé cet officiel, Athanassios Binos. Avant ce contact, Egyptair avait annoncé sur son compte Twitter la découverte de "débris du vol MS804".

Le président Sissi appelle à "intensifier les recherches" pour retrouver "les débris"

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé jeudi à "intensifier les recherches" pour "retrouver les débris de l'avion" d'Egyptair qui s'est abîmé en Méditerranée avec 66 personnes à bord.

Dans un communiqué de la présidence, M. Sissi a demandé à "tous les appareils de l'Etat concernés, y compris le ministère de l'Aviation civile (...), la marine et l'armée de l'air d'intensifier les opérations de recherches" pour "retrouver les débris de l'avion".


Le ministre égyptien de l'Aviation civile a par ailleurs estimé que l'hypothèse d'une "attaque terroriste" était "plus probable" que celle d'une défaillance technique. "La situation peut, et je dis bien 'peut' car je ne veux pas spéculer (...), laisser penser que la probabilité, la possibilité, d'une action à bord, d'une attaque terroriste, est plus élevée que celle d'une défaillance technique", a souligné Chérif Fathy. "Mais je ne veux pas tirer de conclusions hâtives", a-t-il précisé.

Plus tôt dans la journée, le chef des renseignements russes (le FSB) avait affirmé qu'il s'agit d'un acte terroriste "selon toutes probabilités".

"Aucun problème" signalé aux contrôleurs aériens grecs

Le vol MS804, un Airbus A320, se trouvait à 37.000 pieds d'altitude et était entré dans l'espace aérien égyptien quand il a disparu des radars ce jeudi à 02H45 (heure du Caire et heure belge). Selon le ministre grec de la Défense, l'avion a chuté de 22.000 pieds en faisant deux virages brutaux.

La compagnie a quant à elle annoncé que l'avion avait transmis un "message de détresse" durant son vol. Ce message aurait été capté à 02H26, moins de 10 minutes avant que l'Airbus ne disparaisse. Cette information a très vite été démentie par l'armée égyptienne, il n'y a eu "aucun message de détresse".

Le pilote de l'avion d'Egyptair n'a signalé "aucun problème" lors de sa dernière conversation avec les contrôleurs aériens grecs, a indiqué l'Aviation civile (Ypa). "Les contrôleurs aériens ont communiqué avec le pilote quand l'avion se trouvait au-dessus de l'île de Kea (sud-est de l'Attique) à 37.000 pieds. Il n'a signalé aucun problème", a affirmé à la télévision grecque Antenna le chef de l'Ypa, Constantin Litzerakos. "Le pilote était de bonne humeur et a remercié en grec", a précisé un communiqué de l'Ypa.

L'appareil se serait écrasé en mer Méditerranée, au large de l'île grecque de Karpathos, ont indiqué des sources anonymes au sein du ministère de l'Aviation civile égyptien ainsi qu'une source aéroportuaire.

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56 passagers, dont un Belge

EgyptAir a publié une liste énumérant les nationalités des 56 passagers: 30 Egyptiens, 15 Français, un Britannique, un Canadien, un Belge (l'épouse de ce néerlandophone a été prévenue), un Portugais, un Algérien, un Soudanais, un Tchadien, deux Irakiens, un Saoudien et un Koweïtien. Parmi eux : un petit garçon et deux bébés. A bord, se trouvait également sept membres d'équipage et trois officiers de sécurité.

Toujours selon la compagnie, le pilote avait déjà accumulé 6.275 heures de vol, dont 2.101 sur un Airbus A320. Le copilote affichait quant à lui 2.766 heures de vol au compteur. L'appareil a été fabriqué en 2003.

"Coopération étroite" entre France et Egypte

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François Hollande s'est entretenu ce jeudi matin avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Les deux chefs d'Etat "sont convenus de coopérer étroitement pour établir le plus vite possible les circonstances de cette disparition", selon la même source, tandis que le Premier ministre Manuel Valls a déclaré qu'"aucune hypothèse ne (pouvait) être écartée sur les causes de cette disparition".

François Hollande a clairement déclaré qu'aucune piste n'était écartée ou privilégiée sur le crash. Le président français a seulement confirmé que l'appareil s'était "abîmé en mer". Le parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête sur la disparition du vol.

Deux précédents

Le 31 octobre dernier, une bombe avait explosé à bord d'un avion transportant des touristes russes peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le sud sud-est de l'Egypte, tuant ses 224 occupants. L'attentat a été revendiqué par la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui multiplie en Egypte attentats et attaques, visant principalement les forces de sécurité.

Et, le 29 mars, un pirate de l'air "psychologiquement instable" avait détourné vers Chypre un avion EgyptAir qui avait décollé d'Alexandrie et transportait 55 passagers. A l'arrivée à l'aéroport chypriote de Larnaca, l'homme avait libéré une grande partie des passagers, puis s'était rendu sans heurts au bout de six heures de négociations.