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De nombreuses compagnies aériennes ont décidé jeudi en fin d'après-midi d'annuler leurs vols vers l'aéroport de Charm el-Cheikh (Egypte), à la suite du crash d'un avion russe samedi, attribué par la Grande-Bretagne à une "possible" bombe.

Plus tôt dans la journée, plusieurs compagnies avaient confirmé le maintien de leurs liaisons, mais elles sont progressivement revenues sur leur position, dans la foulée de la suspension des vols de la Lufthansa. Le géant allemand de l'aviation a décidé jeudi d'interrompre "par précaution" les vols de son groupe à destination de la station balnéaire dans le Sinaï égyptien. Il s'agit de deux vols hebdomadaires exploités par les compagnies Edelweiss et Eurowings, filiales de Lufthansa, selon un communiqué du groupe. La compagnie aérienne va organiser avec le ministère allemand des Affaires étrangères le rapatriement de ses clients bloqués en Egypte.

La compagnie turque Turkish Airlines, qui annonçait en début d'après-midi la poursuite de ses liaisons avec Charm el-Cheikh, a finalement annulé deux vols prévus dans la soirée, sans plus de précisions pour ceux annoncés vendredi et les jours suivants.

La compagnie scandinave SAS, qui dessert habituellement la station balnéaire pour des tour-opérateurs danois, a quant à elle décidé de suspendre un vol prévu samedi après une réunion avec les autorités danoises jeudi après-midi. Le vol du samedi suivant n'est pas annulé pour le moment.

Aucune autre compagnie nordique n'assure de liaisons en propre vers Charm el-Cheikh, à l'exception du petit tour-opérateur norvégien Ami Sol qui maintient un vol prévu dimanche, arguant que les autorités norvégiennes n'ont pas changé leurs recommandations.

Vols vers la Belgique

En Belgique, un vol de la compagnie aérienne Jetair qui devait décoller jeudi matin de Bruxelles pour Charm el-Cheikh a été reporté d'au moins 24 heures, le temps de procéder à une évaluation de la situation sur place. Trois vols à vide sont prévus d'ici dimanche pour ramener en Belgique les clients présents à Charm el-Cheikh.

A l'aéroport de Rome, le vol de la compagnie égyptienne Egypt Air à destination de Charm el-Cheikh a bien décollé jeudi en début d'après-midi comme prévu. Tout comme celui parti jeudi matin de Milan (nord de l'Italie) et opéré par la compagnie italienne privée Meridiana. En revanche, le vol d'easyJet en fin de matinée a été annulé. Mais les autres vols prévus dans la semaine ne l'ont pas été, pour le moment.

En France, en Espagne ou au Portugal, aucune compagnie ne propose des vols directs vers Charm el-Cheikh. En termes de sécurité des couloirs aériens, la responsabilité est celle du pays survolé, qui réglemente l'usage de son espace. Chaque État peut également demander à ses compagnies aériennes de ne pas emprunter tel ou tel espace aérien, s'il le considère comme dangereux. 

Londres a par exemple suspendu mercredi soir "par précaution" les vols entre Charm el-Cheikh et le Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique David Cameron a expliqué jeudi que les autorités travaillaient avec les Egyptiens sur des mesures d'urgence visant à rapatrier les quelque 20.000 touristes britanniques présents à Charm el-Cheikh, où une petite équipe de l'armée britannique a été envoyée.

Des instances internationales comme l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) au niveau mondial ou l'Agence Européenne pour la Sécurité Aérienne (AESA) en Europe, peuvent également émettre des recommandations demandant aux compagnies aériennes d'éviter le survol de certains espaces. A ce stade, ni l'OACI, ni l'AESA n'ont souhaité communiquer sur les pratiques à suivre, renvoyant aux décisions des Etats.

Depuis jeudi, Londres et Washington jugent probable qu'une bombe soit à l'origine du crash du vol de la compagnie charter russe Metrojet, qui selon les enquêteurs aurait subi une soudaine dislocation de sa carlingue en altitude de croisière, 23 minutes après son décollage.

Les 224 occupants de l'avion, touristes et membres d'équipage, ont tous péri dans le crash.