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"Honte”, “dégoût”, “écœurement”. C’est par ces mots violents que le numéro deux du régime Maduro au Venezuela, Diosdado Cabello – président d’un parlement bis créé en 2017 pour neutraliser celui dominé par l’opposition depuis 2016 – a reçu les conclusions de la réunion latino-américaine qui s’est tenue lundi et mardi à Quito au sujet de la crise migratoire vénézuélienne.

Ces derniers mois, l’exode de Vénézuéliens cherchant à fuir les pénuries dans leur pays s’est en effet accéléré, conduisant à des situations de crise dans plusieurs pays voisins, notamment au Brésil, où l’armée a dû intervenir après des heurts entre Vénézuéliens et populations locales, mais aussi au Pérou, en Équateur et surtout en Colombie – dont les populations frontalières ont longtemps vécu de la contrebande de biens vénézuéliens subventionnés (notamment l’essence), du temps de la splendeur chaviste.

La crise pétrolière de 2014

La crise remonte à la chute des prix pétroliers, en 2014, dont Caracas dépend à 96 % pour ses revenus, feu le président Chavez, concentré sur ses efforts de justice sociale, ayant négligé de diversifier l’économie. Élu de justesse en 2013, son ex-bras droit Nicolas Maduro, dépourvu de charisme, de pragmatisme et de sens politique, a largement aggravé les effets de cette crise, jusqu’à anéantir les réussites sociales remarquables de son mentor. Les sanctions financières de Donald Trump ont achevé le travail. 

Depuis 2015, 1,6 million de Vénézuéliens ont émigré pour fuir la crise.

Le HCR critique les pays voisins

Convoquée à l’initiative de l’Équateur, la réunion de Quito a réuni 13 pays, qui – à l’exception de la Bolivie, alliée du président Maduro au nom du socialisme dont se revendique celui-ci – ont “lancé un appel pour l’ouverture d’un mécanisme d’assistance humanitaire afin de soulager la crise, en portant une attention immédiate aux citoyens touchés”.

Les signataires ont aussi exhorté Caracas “à accepter la coopération des gouvernements de la région”, aujourd’hui majoritairement de droite, “et des organisations internationales, pour faire face à la situation de leurs communautés respectives établies au Venezuela”, soit leurs migrants dans ce pays.

La réunion portait aussi sur les “besoins financiers” des pays d’accueil. Ceux-ci ont été critiqués par le Haut Commissariat de l’Onu pour les Réfugiés (HCR) pour leurs tentatives d’endiguer le flot de Vénézuéliens à leurs frontières (exigence de présentation d’un passeport ; modification des permis de séjour temporaires). Le HCR a incité les donateurs internationaux à accroître leur appui.