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Le président destitué de la Catalogne, l'indépendantiste Carles Puigdemont, pourrait rester le dirigeant "symbolique" de la région en permettant une présidence plus opérationnelle, a suggéré dans un entretien diffusé jeudi son ex-numéro deux Oriol Junqueras, emprisonné. On pourrait "combiner une présidence légitime, quoique symbolique, avec une exécutive", affirme Oriol Junqueras au quotidien en ligne Diario16.

Ces déclarations, faites par écrit à une date qui n'a pas été précisée, sont publiées alors que les divisions entre indépendantistes semblent avoir éclaté au grand jour depuis le report par le président du parlement catalan de la session d'investiture de M. Puigdemont mardi.

Carles Puigdemont, installé en Belgique où il échappe aux poursuites de la justice espagnole pour rébellion et sédition, souhaite être investi à distance. Mais la Cour constitutionnelle a interdit par avance cette procédure.

Ses alliés du parti indépendantiste de la Gauche républicaine de Catalogne, dont M. Junqueras est le dirigeant, le soutiennent encore, mais veulent aussi que le gouvernement puisse être opérationnel.

Cela supposerait que M. Puigdemont reste en Belgique et que la présidence effective soit assurée par quelqu'un d'autre à Barcelone.

Depuis le report de la session parlementaire, la Catalogne se trouve dans l'impasse pour former un gouvernement autonome, après des mois de crise ayant culminé avec une proclamation d'indépendance le 27 octobre et la mise sous tutelle de la région par l'Etat.

Carles Puigdemont affirme qu'il est le seul candidat légitime, les indépendantistes ayant obtenu la majorité absolue des sièges au parlement catalan lors des élections régionales du 21 décembre, avec sa liste en tête.

Jeudi matin, dans un entretien à une radio catalane, le président du parlement catalan Roger Torrent, issu du même parti que M. Junqueras, a assuré qu'il restait son unique candidat, même si des appels à le remplacer commencent à affluer de toutes parts, y compris dans son camp.