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Trois membres de l'exécutif indépendantiste catalan emprisonnés ont décidé de saisir le groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires, ont annoncé jeudi leurs avocats à Londres. "Leur détention par l'Espagne constitue une insulte aux droits humains, et est destinée à les empêcher de jouer leur rôle de représentant du peuple catalan", a déclaré lors d'une conférence de presse Ben Emmerson, avocat des présidents d'associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart et de l'ex-vice-président du gouvernement catalan Oriol Junqueras.

"Ce cas n'est pas destiné à demander à l'ONU de se prononcer sur la question de l'indépendance de la Catalogne, mais à ce que l'ONU réaffirme qu'un gouvernement ne peut pas réprimer des opposants politiques au moyen d'une détention arbitraire. L'Espagne doit relâcher ces hommes", a-t-il ajouté.

Ces trois indépendantistes sont poursuivis par la justice espagnole pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne qui avait débouché le 27 octobre sur une proclamation unilatérale de la "République catalane".

Le gouvernement espagnol avait réagi immédiatement en plaçant la région sous tutelle, destituant le gouvernement régional et dissolvant le parlement catalan pour convoquer un scrutin régional fin décembre qui a vu la victoire des indépendantistes.

Le groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires fait partie du Conseil des droits de l'homme et est composé d'experts du monde entier. Ils ont pour tâche d'enquêter sur les détentions arbitraires à travers le monde. Les résultats de leurs enquêtes ne sont pas contraignants.

Me Emmerson a dit attendre une décision dans les prochaines "semaines ou mois". Si elle est favorable, "nous espérons que l'ONU mettra toute la pression nécessaire sur l'Espagne" pour faire libérer les trois responsables catalans, a-t-il insisté.

Selon l'avocat, leur détention est un "cas typique de détention arbitraire" nourri par des "accusations purement politiques".

Sollicité par l'AFP à propos de ces trois dossiers, le groupe de travail, basé à Genève, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, présidents des associations séparatistes Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium Cultural, avaient été placés en détention le 17 octobre 2017.

L'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, qui vient d'être réélu député régional, avait lui été emprisonné le 2 novembre 2017. En janvier, la Cour suprême espagnole a décidé de le maintenir en détention.