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Inquiets pour la stabilité des Balkans après l'assassinat de Zoran Djindjic, les Slovènes devraient voter «oui» dimanche à l'Otan et à l'Union européenne (UE) pour éviter l'isolement de leur pays, coincé entre les Alpes, la Méditerranée et l'ex-Yougoslavie.Les Slovènes approuvent une adhésion à l'Union à plus de 85pc, selon un sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1000 personnes. La partie pourrait être un peu plus difficile pour l'adhésion à l'Otan, en raison du déclenchement de la guerre en Irak et même si l'Otan n'a rien à voir avec elle.

Une enquête d'opinion réalisée le 17 mars par «Delo» et publiée mercredi dans le quotidien slovène donnait 57pc au «oui» à l'Otan.

«L'assassinat de Djindjic a démontré à la population que la région était pleine d'incertitudes», explique le commentateur politique Miha Kovac. «La peur est un autre élément», ajoute-t-il. «Si vous envisagez d'adhérer à une organisation de défense, c'est pour vous sentir davantage en sécurité.»

Le gouvernement slovène espère toutefois que la guerre déclenchée par les Etats-Unis en Irak ne fera pas échouer dimanche le référendum d'entrée dans l'Otan.L'intervention américaine est impopulaire dans cette petite république alpine de 1,9 million d'habitants, qui a échappé miraculeusement, à cause de son homogénéité ethnique, à la guerre yougoslave.En février, le ministre des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, s'était mis en difficulté en se joignant à «l'appel de Vilnius» signé par dix pays d'Europe centrale et de l'est en vue de soutenir les Etats-Unis face à l'Irak.

Le «non» aux Américains

Mais depuis, la Slovénie a refusé d'approuver une demande américaine de transit de convois militaires à destination de la Turquie, les Etats-Unis n'ayant pas obtenu de mandat du Conseil de sécurité de l'Onu pour la guerre.Certains opposants à l'Otan ont fait valoir qu'une adhésion de la Slovénie obligerait le pays à s'aligner sur la puissance américaine. George Robertson, le secrétaire général de l'Otan, a fait le voyage à Ljubljana pour calmer les appréhensions. Il a dit aux sceptiques qu' «une participation à l'Otan est préférable à l'isolement. Il vaut mieux être présent à la table des négociations que de les observer par la fenêtre».

L'armée slovène compte quelque 9500 hommes, dont environ 4000 soldats professionnels et 5500 conscrits effectuant un service national de sept mois, d'après la revue spécialisée «Jane's».

Aucune des unités issues d'une force de défense territoriale héritée de l'ex-Yougoslavie n'a été entièrement mobilisée ou engagée dans des manoeuvres depuis la «guerre d'indépendance» de dix jours de 1991, que le pays a gagnée presque sans combattre contre l'armée fédérale et à l'issue de laquelle il a proclamé son indépendance.

Si, comme c'est probable, la Slovénie rejoint l'Otan vers 2004, elle devra fournir à l'Alliance une brigade de maintien de la paix devant être incorporée dans une unité italo-hongroise basée à Udine (Italie).

© La Libre Belgique 2003