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Après six mois de tensions diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RDC), le chef de la diplomatie belge Karel De Gucht s'est dit mercredi "plus que jamais convaincu" qu'il était de son "devoir moral de dénoncer les dérapages" dans l'ex-Zaïre.

"Nous souhaitons la normalisation, ce qui ne nous empêchera pas de dire ce que nous pensons de ce qui se passe au Congo", a déclaré devant une commission du Parlement belge M. De Gucht, à l'origine du refroidissement des relations entre les deux pays au printemps dernier.

Le chef de la diplomatie belge, lors d'une visite à Kinshasa au printemps dernier, avait dénoncé la corruption en RDC au nom de l'importante aide économique fournie par la Belgique à son ancienne colonie.

Kinshasa avait réagi à ces critiques en rappelant son ambassadeur, en fermant son consulat à Anvers et en faisant fermer deux consulats belges en RDC. "Pourquoi les relations se sont-elles dégradées ? Parce que j'ai fait la remarque qu'on avait l'obligation morale de dire ce qui se passe. Six mois plus tard, je suis plus que jamais convaincu que nous avons l'obligation morale de dénoncer les dérapages en RDC", a déclaré Karel De Gucht devant la commission des relations extérieures de la Chambre.

"Si je ne suis pas le bienvenu (en RDC), je n'y vais pas, pas de problème. Mais si on veut la normalisation, il faut qu'on accepte que nous donnions notre avis sur ce qui se passe", a-t-il insisté, en estimant "difficile de dire des choses positives sur ce qui se passe au Congo actuellement".

Les relations entre la RDC et la Belgique semblaient se réchauffer ces dernières semaines à la faveur du conflit au Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, opposant l'armée aux rebelles de Laurent Nkunda.

En mission humanitaire dans la région de Goma (est), le ministre belge de la Coopération Charles Michel s'est rendu le week-end dernier à Kinshasa, où il a été le premier ministre belge à être reçu par le président Joseph Kabila depuis six mois.

"Il est vrai qu'il y a des sensibilités différentes" entre les membres du gouvernement belge, a reconnu M. De Gucht, en insistant sur les conditions d'une normalisation, notamment la réouverture des consulats belges.