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Le Front National pourrait ne remporter aucune région.

Largement en tête à l'occasion du premier tour des élections régionales du côté de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, grâce aux listes de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, le FN pourrait perdre dans ces deux territoires lors du second tour prévu ce dimanche. Également en tête dans quatre autres régions, le FN pourrait finalement tout perdre. En effet, d'après plusieurs sondages le parti de Marine Le Pen n'est en tête que dans la région Bourgogne-Franche-Comté avec Sophie Montel pour le représenter. Toutefois, l'écart est si infime entre les trois candidats encore en lice que la donne pourrait changer.

Si ces pronostics se réalisent, nous retrouverions la gauche et la droite au coude-à-coude avec 6 régions pour chaque tendance. La région Île-de-France, autre point chaud, pourrait s'avérer cruciale pour les départager.

Les derniers sondages

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le candidat des Républicains Xavier Bertrand, pour qui l'exécutif et une grande partie de la gauche a appelé à voter, est donné gagnant dimanche face à Marine Le Pen. Il l'emporterait selon un sondage BVA par 53% des suffrages contre 47% pour la présidente du FN. Pour la Voix du Nord, la dynamique de mobilisation a été inversée. Toujours d'après le quotidien régional, le retrait de la liste de Pierre de Saintignon (PS) est une stratégie qui s'avérera payante puisque 68% des électeurs de gauche iront voter. Près de 9 sur 10 voteraient en faveur de la liste de Xavier Bertrand au détriment de celle de Marine Le Pen.

Le duel s'annonce plus serré en Provence-Alpes-Côte d'Azur selon BVA, où Christian Estrosi (LR), également seul candidat face à l'extrême droite, est crédité de 51% des voix contre 49% à Marion Maréchal-Le Pen (FN). Pour Nice Matin, le candidat des Républicains semble en mesure de coiffer la candidate FN au poteau en ratrappant plus de 14 points de retard. Le candidat de gauche Christophe Castaner (PS) ayant retiré sa liste et demandé à ceux qui ont voté pour lui de lutter pour contrer la vague FN dans la région.

Le candidat des Républicains Philippe Richert, en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, devrait bénéficier de son côté d'une légère avance face à Florian Philippot. Ce, même si Jean-Pierre Masseret (PS) a maintenu sa liste pour le second tour malgré la perte de l'investiture du Parti socialiste. M. Richert l'emporterait dimanche avec 43% des voix contre 41% à M. Philippot, selon un sondage de l'institut Elabe.

Reste la grande inconnue de la Bourgogne-Franche-Comté où, selon la candidate socialiste Marie-Guite Dufay, "la situation est claire et grave" car le Front national emmené par Sophie Montel, arrivée première dimanche dans sept des huit départements, peut l'emporter. Troisième dimanche dernier, mais au coude-à-coude avec le candidat de droite François Sauvadet, elle a maintenu sa liste pour le second tour, créant une triangulaire qui pourrait profiter à l'extrême droite créditée de 31,48% des voix dimanche.

Climat délétère en Ile-de-France

Quant à l'Ile-de-France, la tension entre le socialiste Claude Bartolone et la candidate des Républicains Valérie Pécresse, n'a pas faibli vendredi.

Sur iTÉLÉ, le président de l'Assemblée nationale a maintenu les propos dans lesquels il disait qu'"en creux", Mme Pécresse défendrait "Versailles, Neuilly et la race blanche". Il a également renvoyé les Républicains à leur propre "violence" à son endroit, prenant l'exemple du maire de Juvisy-sur-Orge (Essonne), Robin Reda, qui l'a insulté d'"élu mafieux".

Après les multiples critiques de l'opposition sur les propos de M. Bartolone, M. Valls lui a renouvelé son soutien. Les deux hommes effectuent d'ailleurs vendredi matin un déplacement commun dans l'Essonne. D'après les derniers sondages, la lutte s'annonce extrêmement serrée entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone. En effet, le Parisien et BFM TV estiment que la candidate l'emporterait d'une tête en totalisant 42% des voix, contre 40% pour Claude Bartolone. Wallerand de Saint-Just resterait à 18%.