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Michael Cohen s'est distingué par son revirement spectaculaire contre son ancien patron, mais il fait partie d'une armée d'avocats employés par Donald Trump depuis 40 ans, chargés de protéger du scandale un client doué pour les accumuler.

L'arrivée à la Maison Blanche du magnat de l'immobilier et star de télé-réalité a marqué l'avènement d'une présidence attaquée dès le départ sur de multiples fronts judiciaires.

Ses avocats se sont retrouvés d'emblée sous les feux de la rampe, accablés de travail. Le service juridique de la Maison Blanche, actuellement dirigé par Donald McGahn, a connu des démissions retentissantes.

Mais le magnat new-yorkais était réputé depuis longtemps pour ses batailles judiciaires, reconnaissant lui-même en 2016 qu'il pourrait être "docteur ès litiges".

Depuis des accusations de discrimination raciale dans ses immeubles il y a plus de 40 ans, à l'enquête russe du procureur spécial Robert Mueller, en passant par des liaisons extra-conjugales supposées et des faillites de casinos, Trump n'a cessé d'alimenter la chronique judiciaire, fidèle à l'image de New York, capitale des avocats et des procès retentissants.

Avant l'élection présidentielle de 2016, le journal USA Today avait compté que lui et sa société, la Trump Organization, avaient été impliqués dans plus de 4.000 actions en justice aux Etats-Unis.

Voici quelques avocats hauts en couleurs qui ont accompagné sa carrière.

Roy Cohn

Certains disent que c'est avec cet avocat étroitement associé au maccarthysme et à la mafia new-yorkaise que Trump s'est forgé une idée de l'avocat idéal.

Bagarreur, volontiers menaçant, plusieurs fois inculpé pour corruption et faux témoignage mais jamais condamné, Roy Cohn, mort en 1986, a commencé à travailler pour Trump au début des années 1970. Il l'a notamment défendu dans sa première grande bataille, lorsque Trump était accusé de discrimination raciale dans ses immeubles.

Plus qu'un simple avocat pour Trump, Cohn lui servait aussi de confident et mentor, introduisant le jeune et ambitieux Trump dans de nombreux milieux.

Rudy Giuliani

Ami de longue date de Trump, l'ex-maire de New York érigé en héros au lendemain des attentats de septembre 2001 a rejoint l'équipe d'avocats du président mi-avril.

Ex-procureur en chef du puissant district fédéral de Manhattan, il s'est fait connaître en poursuivant les patrons de la mafia new-yorkaise, avant de se reconvertir dans le lobbying et la cybersécurité.

Depuis son arrivée à Washington, il est devenu l'un des principaux défenseurs de Trump. A 74 ans, il intervient inlassablement sur les plateaux de télévision pour déminer les informations les plus compromettantes pour le président. Quitte à commettre des bourdes aux effets contre-productifs, l'obligeant à rectifier ses propos.

Jay Goldberg

Brillant avocat aujourd'hui âgé de 85 ans, ce diplômé de Harvard a servi Trump pendant plus de 15 ans, notamment dans ses deux divorces.

Il a raconté au New York Times comment Trump lui avait demandé en 1990 de le représenter lors de son divorce d'avec sa première femme, Ivana, alors que Goldberg ne connaissait rien au droit familial: le magnat new-yorkais venait de lire un portrait de lui dans un article intitulé "Les tueurs du tribunal".

Il rédige actuellement un livre sur Trump, et a affirmé à CNN qu'on ne pouvait pas compter sur Trump pour dire la vérité.

Jay Sekulow

Habitué à plaider devant la Cour suprême, Jay Sekulow, tout en intervenant pour Trump dans l'affaire russe, dirige une organisation à but non lucratif, the American Center for Law and Justice, qui milite pour les libertés religieuses et contre l'avortement.

A 62 ans, il anime aussi une émission radio - Jay Sekulow Live! - et a écrit plusieurs livres, dont un best-seller sur l'organisation Etat islamique.

Marc Kasowitz

Marc Kasowitz, 66 ans, est réputé comme particulièrement dur. Employé par Trump depuis plus de 15 ans, en charge un temps de sa défense dans le dossier russe, il a été pris en juillet 2017 en flagrant délit d'insulte et de menace.

"Fais gaffe, salopard", "je sais où tu habites, je t'ai à l'oeil", avait-il lancé par mail à un de ses détracteurs sur Twitter.