Des anciens militaires étrangers forment les soldats irakiens dans le désert

BELGA Publié le - Mis à jour le

International

Dans le désert au sud de Bagdad, des explosions provoquent un nuage de fumée et des soldats irakiens vérifient s'il n'y pas de blessé avant de riposter avec leur mitrailleuses lourdes et leurs fusils d'assaut. Mais il ne s'agit que d'un exercice.

Les obus sont inertes et les militaires tirent sur des silhouettes en métal et non sur de vrais assaillants. Heureusement, car leurs tirs soulèvent une colonne de poussière montrant qu'ils ont raté leurs cibles.

Pour cet entraînement dans le gigantesque camp de Basmaya, un capitaine irakien dirige ses hommes mais c'est un formateur étranger qui contrôle l'action et donne l'ordre de lever ou abaisser les cibles, au milieu du crépitement des mitrailleuses et des rafales de fusils d'assaut américains M16.

Ces instructeurs sont la cheville ouvrière du programme mis en place par les Etats-Unis pour former les forces armées irakiennes.

Les négociations sur le nombre de militaires américains censés rester en Irak pour mener à bien cette tâche, après le départ du dernier contingent de GI's fin décembre 2011, ont échoué en raison du refus des Irakiens de maintenir l'immunité de ces formateurs.

Seuls sont restés environ 157 soldats américains, qui travaillent pour le bureau de coopération de la sécurité - Irak (OSC-I), dépendant de l'ambassade américaine. Ils sont épaulés par quelque 600 civils, pour la plupart des militaires à la retraite.

Ils forment les Irakiens aux équipements américains comme les blindés M113 ou les chars M1 Abrams.

"C'est un modèle (de coopération) qui convient très bien à l'Irak: peu de soldats américains en uniforme, beaucoup de contractuels qui dispensent une instruction de qualité et un entraînement performant dont ils ont besoin", assure à l'AFP le général Robert Caslen, qui dirige l'OSC-I.

"La demande est réelle car nous sommes ici la seule force de ce type et nous pouvons fournir l'enseignement et l'entraînement en matière de sécurité que l'Irak recherche", ajoute l'officier supérieur.

Les militaires américains de l'OSC-I sont surtout chargés de l'acheminement en Irak du nouvel équipement, ainsi que des garanties sur sa conformité avec les régulations américaines et sur les mesures de sécurité, et de la supervision des exercices.

L'Irak a commandé aux Etats-Unis pour plus de 10 milliards de dollars d'équipement et d'assistance militaire, selon un récent rapport du SIGIR (inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Irak), un observatoire public américain.

"Notre objectif est de former les Irakiens aux équipements qu'ils ont reçus et de rendre les forces de sécurité irakiennes plus opérationnelles", assure le général.

La durée du stage est de 60 jours mais les officiers et sous-officiers sont convoqués une semaine plus tôt que le reste de la troupe pour une formation à la prise de décision.

"En outre, nous travaillons avec le Centcom (Commandement central américain) sur des exercices conjoints dans la région", explique le général. Le prochain, prévu en mai en Jordanie, doit impliquer l'armée de l'air et les unités anti-terroristes irakiennes.

Mais avant tout, les forces irakiennes ont besoin de "développer leurs capacités à faire face à une menace extérieure d'où qu'elle vienne", estime le général Caslen.

Les responsables irakiens et américains avaient reconnu en décembre que la défense extérieure était le point faible de l'armée irakienne, qui s'est concentrée ces dernières années sur la lutte contre la violence intérieure.

Et même dans ce domaine, le général Caslen estime que, malgré "d'immenses progrès dans la lutte contre le terrorisme", il reste d'importantes lacunes en matière de renseignement.

"Ils peuvent défoncer une porte aussi bien que n'importe qui mais, comme les renseignements laissent à désirer, ils ne savent pas exactement quelle porte ils doivent défoncer", explique-t-il.

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