International Une partie des armes belges livrées à la Libye - soit directement par la Fabrique nationale (FN) de Herstal, soit indirectement - se retrouvent "en circulation en Libye et probablement ailleurs en Afrique de l'ouest et de l'est", a affirmé un chercheur du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Grip), Cédric Poitevin, cité vendredi par le journal 'New York Times'. Selon ce quotidien, dans un article écrit par un journaliste et blogueur belge, Damien Spleeters, "des milliers de fusils d'assaut de type FAL (fusil automatique léger) de la FN ont été vendus à la Libye durant la Guerre froide". Ils utilisent des balles de calibre Otan 7.62×51, que le gouvernement du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a aussi accumulé en grandes quantités.

"Ces armes plus anciennes, tout comme celles livrés en 2009 (au terme d'une commande controversée à la FN finalement approuvée par le gouvernement wallon, ndlr), peuvent être utilisées par des groupes terroristes et criminels dans toute la région", a ajouté M. Poitevin.

"S'agissant d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), nous ne parlons pas de terroristes planifiant des actions ponctuelles et urbaines, nous parlons d'un groupe fort dans la région, contrôlant des territoires et habitué à combattre des armées régulières", a souligné le chercheur du Grip. Selon l'auteur de l'article, le prix à l'unité d'un FAL, largement utilisé par les insurgés lors leur campagne victorieuse contre le régime Kadhafi l'an dernier, a "considérablement chuté" depuis la fin du conflit, passant de 2.000 à 600 dollars à Tripoli.