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Selon une information du journal Le Monde, l'établissement privé parisien de Rocroy-Saint-Vincent-de-Paul est accusé de vouloir "suivre à la trace" ses élèves, même si l'application choisie ne permet tout de même pas un suivi géographique des étudiants.

La nouvelle n'a en tout cas pas tardé à faire réagir au sein de l'établissement mais aussi en dehors.

"Les élèves reçoivent en début d’année un porte-clés connecté (Bluetooth) qu’ils doivent avoir en permanence sur eux. Celui-ci sera désormais une aide afin de s’assurer de la présence de chacun d’eux en classe, sur les installations sportives, au CDI [centre de documentation et d’information] et lors des sorties mais aussi au cours des exercices de sécurité (incendie, plan particulier de mise en sûreté)", peut-on lire dans le règlement intérieur du lycée privé.

L'article de nos confrères explique que ce point de règlement a été découvert un peu par hasard par les élèves et qu'il a depuis largement été diffusé sur les réseaux sociaux. Lundi, une pétition en ligne demandait même son retrait et a récolté plus de 3.500 signatures, avant d'être retirée par son auteur.

"Il n'y a eu aucune information"

Les étudiants se plaignent surtout de ne pas avoir été correctement informés de ce choix.

"Il n’y a eu aucune information pour prévenir les élèves ou leurs parents", explique au Monde une élève de l’établissement. "Ce n’était pas non plus évoqué dans l’e-mail de prérentrée envoyé au début de l’été. Personne n’a donné son accord, ce qui pose des problèmes de légalité comme de moralité. Il y a bien eu quelques problèmes d’absentéisme l’an dernier dans le lycée, mais rien qui ne justifie la mise en place d’un tel système. Ce sont des petites classes, on voit tout de suite si quelqu’un est absent. "

Le système en question est produit par la société New School, une start-up lancée par une lycéenne d'à peine 16 ans à l'époque. Le logiciel se veut être un passe-partout digital qui permet, par exemple, de payer la cantine, mais sa fonction première est de simplifier l'appel en classe, explique le quotidien.

"On ne peut pas tracer les déplacements d'un élève"

En début de cours, le professeur a recours à une application qui vérifie automatiquement si les porte-clés correspondant à la liste d'élèves reçue sont bien présents dans le rayon que peut capter son téléphone. L'absence de l'élève est directement enregistrée si ce porte-clé ne répond pas. L'absence est alors transmise à un logiciel de gestion de vie scolaire régulièrement utilisé par les établissements.

"On ne peut pas tracer les déplacements d'un élève, ce n'est pas un mouchard", veut rassurer Philippine Dolbeau, la créatrice du logiciel. "Nous n'utilisons pas la géolocalisation, comme le ferait le GPS d'un téléphone".

"Une série de protections a également mise en place : un professeur ne peut faire l'appel que si son emploi du temps prévoit qu'il donne bien cours à cette classe et à ce moment, il ne peut pas l'activer le week-end par exemple."

Malgré les mesures de sécurité prises, c'est surtout la manière dont le système a été mis en place, sans demander explicitement l'avis et le consentement des principaux concernés, qui aura le plus irrité ceux-ci.

Pour expliquer sa démarche, le lycée a tout même précisé lundi sur son site : "Nous nous sommes entourés de toutes les garanties, afin de conjuguer innovation, sécurité des élèves et des données."