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Des forces de sécurité du régime syrien sont entrées samedi dans la ville de Douma, ultime fief rebelle dans la Ghouta orientale, près de la capitale Damas, ont rapporté des médias étatiques.

"Des unités des forces de la sécurité intérieure entrent à Douma", a indiqué la télévision d'Etat, précisant que la ville rebelle sera vidée d'ici quelques heures "de la présence terroriste", en allusion aux combattants rebelles.

Le régime syrien dénonce une "violation flagrante" du droit international

Le régime syrien a dénoncé samedi comme une "violation flagrante" du droit international l'opération militaire menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre plusieurs cibles en Syrie, après une attaque chimique présumée imputée aux forces du président Bachar al-Assad.

"La défense anti-aérienne syrienne" est entrée en action contre "l'agression américaine, britannique et française", a rapporté la télévision d'Etat.

Cette "agression tripartite contre la Syrie est une violation flagrante du droit international (...) et elle sera vouée à l'échec", a rapporté l'agence officielle Sana.

L'Iran met en garde contre "les conséquences régionales"

L'Iran, principal allié régional de Damas, a mis en garde samedi contre les "conséquences régionales" des frappes ciblées menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie tout en les condamnant "fermement". "Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a affirmé le ministère iranien des Affaires étrangères, selon le site Telegram de son porte-parole Bahram Ghassemi.

"Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes" dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une "violation claire des règles et des lois internationales".

L'Iran envoie des "conseillers militaires" et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes djihadistes et rebelles.

Washington, Paris et Londres ont affirmé avoir visé des cibles liées au programme d'armement chimique syrien, une semaine après une attaque chimique présumée qui a fait selon des secouristes des dizaines de morts le 7 avril dans la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale.

L'Otan "soutient" les frappes occidentales contre la Syrie

L'Otan apporte son "soutien" aux frappes ciblées menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie, a indiqué son chef Jens Stoltenberg dans un communiqué publié samedi matin à Bruxelles. "Je soutiens les actions prises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d'armes chimiques du régime syrien", a affirmé le secrétaire-général de l'Alliance atlantique.

"Elles vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques", a-t-il ajouté.

"L'Otan a constamment condamné le recours continu de la Syrie à des armes chimiques comme une violation claire des normes et accords internationaux", rappelle le chef de l'Otan, en estimant que "les responsables doivent en rendre compte".

L'Alliance considère également que "l'utilisation d'armes chimiques représente une menace à la paix et la sécurité internationales et estime qu'il est essentiel de protéger la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Cela appelle une réponse collective et efficace de la part de la communauté internationale".

L'Otan n'est pas impliquée directement dans les opérations de la coalition internationale en Syrie.

L'ONU appelle les Etats à la retenue et à éviter l'escalade

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade après les frappes occidentales contre la Syrie.

"J'appelle tous les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien", a déclaré dans un communiqué M. Guterres, qui a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l'action militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.