International L'enquête du fisc français, dont Le Monde révèle les détails ce lundi sur son site internet, fut longue... et risque bien de faire du bruit. Tout a commencé en 2008 quand un informaticien, Hervé Falciani, fournit au fisc des listings de quelque 3000 clients français possédant des comptes bancaires en Suisse. Parmi eux: des sportifs, des entrepreneurs et des personnalités du cinéma. Les listings en question portent sur les années 2005 et 2006. Au total, près de 4,5 milliards d'euros sont "entreposés" dans les coffres helvètes de la banque HSBC à Genève.

Attention, tous ces comptes ne sont pas illégaux! Ainsi, les Français qui résident en Suisse ne violent aucune loi. "Il en va ainsi du footballeur Christian Karembeu, des frères Christian et François Picart (fondateurs de la chaîne de restauration Buffalo Grill), ou encore d'Alain Afflelou", écrit Le Monde. Alain Afflelou, créateur de la célèbre chaîne d'opticiens du même nom explique d'ailleurs que " c'est le compte le plus légal de la terre." La preuve: J'ai vécu à Genève de 1997 à 2006, j'y ai ouvert un compte dans une banque, rachetée ensuite par HSBC, et l'ai fermé en quittant la Suisse."

Par contre ça se corse pour ceux qui ne vivent pas en Suisse. C'est le cas d'un ancien membre de l'équipe nationale de football qui figurait parmi la sélection de 1998. Mais aussi de "deux monstres sacrés du cinéma français, un humoriste star, une vedette de la chanson, une ancienne Miss France."

A l'insu de leur plein gré

Certains ont une excuse, comme par exemple Cédric Klapisch. Le réalisateur de "L'Auberge espagnole" l'assure: "Le fisc m'a contacté au moment où je commençais à régulariser ma situation, révèle-t-il. Mon père habite en Suisse, il m'avait ouvert un compte à Genève. Il n'y avait pas énormément d'argent dessus . Je ne savais pas que c'était illégal. J'ai tout régularisé en 2012, et je n'ai plus d'argent là-bas."

Même discours de la part de Gérard Miller, le psychanalyste à tout faire des émissions de Laurent Ruquier. "J'ai reçu en héritage [de son père, décédé en 2004, Ndlr] un compte qu'il avait constitué à l'étranger, sans que j'y prenne la moindre part. Je me suis donc retrouvé l'héritier passif d'une situation qui s'était créée du début jusqu'à la fin sans moi."

Enfin, quand certains plaident la distraction, à la manière du cuisinier Paul Bocuse qui avait "oublié" jusqu'en 2010 plus de deux millions d'euros sur un compte dormant, d'autres crient au complot. Tel un haut dirigeant de Canal+ qui affirme que "ces listes ont été trafiquées, sans doute par les services de renseignement. C'est gravissime que l'on puisse [lui] attribuer un compte. [il] a d'ailleurs déposé plainte pour faux et usage de faux".