International Robert King et Albert Woodfox ont passé des décennies en prison pour des crimes qu’ils nient. Ils jettent un regard très critique sur les Etats-Unis. Les deux anciens prisonniers de la prison d'Angola, la pire des Etats-Unis, se trouvaient à Bruxelles dans le cadre d'une campagne lancée par Amnesty International. L'ONG se mobilise depuis des années pour dénoncer les dérives de l'isolement carcéral aux Etats-Unis.

Assis côte à côte sur le canapé d’un appartement bruxellois, Robert King et Albert Woodfox, imposent, rien que par leur présence, une atmosphère lourde. Un silence empreint de rage. La septantaine et à peine l’ombre d’une ride, ces deux Afro-Américains portent sur leurs épaules frêles le poids d’une autre Amérique. Celle d’un "Nouveau monde" en butte à ses vieux démons, déchiré entre l’image de berceau des droits de l’homme et la réalité des discriminations raciales. Celle où il ne fait toujours pas bon d’être noir. Celle où des citoyens sont condamnés parfois à tort et placés en détention, voire en isolement carcéral, pendant des décennies.

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