Dieu et Jérusalem enflamment la convention démocrate

V. Van Vyve Publié le - Mis à jour le

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Le deuxième jour de la convention démocrate (Ndlr : mercredi) a donné lieu à un dérapage, issu des désaccords existants entre la gauche progressiste (la base) et la gauche modérée (l'establishment) du parti.

Ainsi, les délégués ont approuvé un double amendement de leur plateforme électorale qui, s'il n'est pas riche de conséquences dans l'immédiat, n'en constitue pas moins une tentative d'élargir l'électorat, à deux mois de l'élection présidentielle.

Les délégués réunis à Charlotte devaient se prononcer sur l'ajout de la mention de Dieu et sur l'affirmation de Jérusalem comme capitale d'Israël. Deux absences récemment soulignées et décriées par Mitt Romney.

Les républicains avaient en effet estimé que le fait que les démocrates ne prennent pas position sur le statut de Jérusalem dans leur plateforme montrait la faiblesse du président dans son soutien envers Israël. Quant à la référence à Dieu (qui a finalement été mentionné comme "God-given"), le candidat républicain et son colistier Paul Ryan s’étaient interrogés sur la décision initiale des démocrates de l'éliminer de la plateforme électorale du parti.

Soulignons que Jérusalem comme "capitale unique et indivisible" d'Israël n'est pas reconnue par la communauté internationale mais revendiquée comme telle par les gouvernements israéliens successifs.

Le feu allumé par les républicain a trouvé son épilogue (quoique) puisque, à la faveur d'un vote "vocal" (c'était à ceux qui criaient le plus fort), 2/3 des délégués démocrates se sont prononcés en faveur de l'amendement. Le texte affirme donc que Jérusalem "est et restera la capitale d’Israël" et que "les parties se sont entendues sur le fait que le statut de Jérusalem n’est qu’une question de négociations. Jérusalem devrait rester une ville indivisible, accessible aux personnes de toutes confessions religieuses", affirme le document.

Si cette mention est susceptible de permettre d'élargir le spectre de l'électorat démocrate, reconnaitre ce statut à la ville sainte risque de mettre le président dans une position désagréable vis-à-vis des pays du Proche et du Moyen-Orient, s'il devait prester un second mandat à la maison blanche.

Le vote, à la va-vite, a donné lieu a une vive polémique. Et pour cause puisque le maire de Los Angeles Antonio Villaraigosa, embarrassé, a dû s'y reprendre à trois fois avant d'annoncer le verdict. Plusieurs délégués démocrates se sont d'ailleurs dits outrés de cet amendement de dernière minute.

Qu'à cela ne tienne. Des responsables de l’équipe de campagne d'Obama ont indiqué que le président était intervenu personnellement pour faire changer les termes de la plateforme. Certains considèrent que la gauche a battu en retraite devant les républicains.

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