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Un avion de Malaysia Airlines transportant 239 personnes entre Kuala Lumpur et Pékin a disparu samedi matin, perdant le contact près de l'espace aérien vietnamien. Il n'y aurait pas de Belges à bord. Les autorités vietnamiennes ont localisé des taches de pétrole au large des côtes du pays après la disparition de l'avion malaisien, a annoncé le vice-ministre vietnamien des transports, Pham Quy Thieu, samedi. Ces taches de pétrole ont été repérées à 150 km de l'île Tho Chu et à 190 km du cap Ca Mau. Hanoi a envoyé des secours dans la région.

Le vice-ministre a ajouté que les avions de recherche ont dû interrompre leur mission après la découverte du pétrole en raison de l'obscurité.

Le Vietnam exploite plusieurs plates-formes pétrolières dans la région, ce qui signifie qu'il est loin d'être assuré que ce pétrole provienne de l'avion vraisemblablement abîmé en mer de la compagnie Malaysia Airlines et qui transportait 239 personnes.

Selon SkyNews, la marine américaine prend également part aux opérations de recherche.

L'avion a perdu le contact près de l'espace aérien de la province vietnamienne de Ca Mau, a précisé le gouvernement vietnamien dans un communiqué. Il aurait dû prendre contact avec le contrôle aérien de Ho Chi Minh-Ville à 17H22 GMT mais n'est jamais apparu.


Un destroyer américain en route vers le Vietnam

Un destroyer de la 7e Flotte américaine, le USS Pinckney, est en route vers la côte sud du Vietnam, a annoncé le Pentagone.

Le destroyer qui était en manoeuvres dans les eaux internationales de Mer de Chine méridionale, pourrait se trouver dans le voisinage de l'avion disparu dans les 24 heures, a précisé le ministère américain de la Défense dans un communiqué.

Il transporte deux hélicoptères qui peuvent être équipés de matériel d'aide et de recherches.

Un avion de surveillance P-3C Orion équipé de radars et de matériel de recherches de longue portée est également sur le point de quitter la base aérienne américaine d'Okinawa au Japon.


Mission de secours

Le ministère vietnamien de la Défense a lancé une mission de secours en coordination avec la Malaisie et la Chine.

Malaysia Airlines a commencé à notifier les proches des passagers et de l'équipage, une démarche qui montre que la compagnie s'attend au pire.

Le vol MH370, qui transporte 227 passagers de 13 nationalités et 12 membres d'équipage, a disparu samedi à 02H40 locales (18H40 GMT vendredi), selon la compagnie. Selon la télévision d'Etat chinoise, 158 passagers sont chinois. La liste des passagers a été communiquée.


"Nos pensées et nos prières vont à tous les passagers concernés"

L'appareil, un Boeing 777-200, qui a quitté Kuala Lumpur samedi à 00H41, devait arriver à Pékin à 06H30 locales (22H30 GMT vendredi). "Nous regrettons profondément d'avoir perdu tout contact avec le vol MH370 qui a quitté Kuala Lumpur à 00H41 samedi matin en direction de Pékin", a déclaré dans un communiqué le PDG du groupe Malaysia Airlines Ahmad Yahya. "Notre équipe est en train d'appeler les proches des passagers et de l'équipage", a-t-il ajouté. "Nos pensées et nos prières vont à tous les passagers concernés, l'équipage et leurs familles". "Malaysia Airlines collabore avec les autorités qui ont activé leurs équipes de recherche et de secours pour localiser l'appareil", a indiqué par ailleurs la compagnie.

L'avion devait passer au-dessus de la péninsule indochinoise. Selon Chine Nouvelle, l'avion n'est pas entré dans la sphère de contrôle de l'aviation civile chinoise. "Ces informations nous inquiètent beaucoup", a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi dans un communiqué. "Nous espérons que tous les passagers sont saufs. Nous faisons tout notre possible pour obtenir plus de détails".


Les écrans de l'aéroport indiquent que le vol est "retardé"

Une responsable de l'aéroport de Pékin a indiqué qu'une structure d'urgence avait été mise en place. Les écrans de l'aéroport indiquent que le vol est "retardé".

Boeing, de son côté, s'est exprimé sur Twitter: "Nous suivons attentivement les informations sur le MH370. Nos pensées vont à tous ceux qui sont à bord".

La compagnie Malaysia Airlines (MAS) a enregistré peu d'accidents. En octobre, un bimoteur Twin-Otter s'était écrasé à l'atterrissage sur l'île de Bornéo, entraînant la mort du co-pilote et d'un passager.

En 1977, un autre appareil s'était écrasé dans le sud de la Malaisie, tuant les 93 passagers et les sept membres d'équipage.

Un accident serait un coup dur pour la compagnie, qui perd de l'argent depuis des années face à des concurrents comme AirAsia.

Malaysia Airlines a enregistré son quatrième trimestre consécutif de pertes durant les derniers trois mois de 2013.

A Pékin, les larmes et la colère des proches des passagers

Dans un hôtel pékinois assiégé par les médias, des amis et parents des passagers du Boeing 777 porté disparu samedi étaient partagés entre les larmes et la colère, déplorant le manque d'informations apportées par Malaysia Airlines.

La plupart d'entre eux se sont rendus tôt samedi matin au terminal 3 de l'aéroport de Pékin, où l'avion assurant le vol MH370 en provenance de Kuala Lumpur devait atterrir, vers 6H30 heure locale (23H30 GMT vendredi).

L'avion, qui transportait 227 passagers de quatorze nationalités et 12 membres d'équipage, n'est jamais arrivé à destination, et quelque deux heures plus tard, Malaysia Airlines annonçait avoir perdu le contact avec son appareil.

Les proches des passagers ont finalement été réunis par des employés de la compagnie dans un hôtel à proximité de l'aéroport --également choisi comme cadre pour une conférence de presse.

Sur place, certains passagers, confrontés à des dizaines de caméras et micros de médias chinois et étrangers, exprimaient leur exaspération contre les informations très lacunaires que leur transmettait Malaysia Airlines. "Ils auraient dû nous parler beaucoup plus tôt", soupire un Chinois trentenaire, originaire de Tianjin (nord), affichant un état de vive détresse.

Alors qu'il tentait d'aider une dame plus âgée à entrer dans une pièce à l'écart, un jeune homme d'une vingtaine d'années a lui aussi été encerclé par des journalistes. "Ils sont totalement incapables! Je ne comprend pas pourquoi ils ne nous ont délivré aucune information", a-t-il alors déclaré. "Cela fait quatre heures que nous attendons, mais tout ce qu'ils nous ont dit, ce sont seulement les quelques bribes d'informations qu'ils avaient déjà communiquées lors de la conférence de presse."

Venue chercher à l'aéroport l'une de ses condisciples d'université, une jeune Chinoise de 20 ans raconte, en réprimant ses larmes, que la compagnie n'avait toujours pas prévenu la famille de son amie de la présence de celle-ci à bord de l'avion disparu.

Selon Malaysia Airlines, 153 des 239 personnes sur le vol MH370 --opéré de concert avec China Southern Airlines-- étaient des citoyens chinois.

Alors que des membres des familles s'entretenaient avec des employés de la compagnie aérienne dans une pièce au premier étage de l'hôtel, des agents de la sécurité peinaient à contenir la nuée des reporters piétinant devant la porte.

Une jeune femme se fraye un passage en sanglotant, ignorant les questions dont elle est assaillie. Peu après, avant de pénétrer dans la pièce, un homme d'une soixantaine d'années essuie ses larmes avec un mouchoir.

Mais s'avisant d'une caméra tournée vers lui, il réagit avec fureur et frappe un reporter, tandis qu'un agent de sécurité appelle au calme: "N'avez-vous pas tous des familles?" lance-t-il aux journalistes.


Quatre Français à bord

Quatre Français se trouvaient à bord de l'avion de Malaysia Airlines, selon des informations obtenues par le ministère français des Affaires étrangères auprès de la compagnie aérienne malaisienne.

"Selon les informations en l'état qui nous ont été communiquées par la compagnie Malaysia Airlines, quatre ressortissants français se trouvaient à bord de l'avion qui n'a pas été localisé", a indiqué à l'AFP une source au Quai d'Orsay.

Aucune identité des passagers n'a été communiquée par le ministère. Une cellule de crise a été mise en place au Quai d'Orsay et un numéro de téléphone (00 33 1 43 17 56 46) est mis à la disposition des proches de personnes susceptibles d'avoir voyagé dans cet avion.

Les ambassades de France à Pékin et Kuala Lumpur sont également mobilisées.