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Elle est blonde mais la séduisante épouse du président de Côte-d’Ivoire parle le français avec une pointe de l’accent chantant qu’on lui donne à Abidjan. Dominique Ouattara, née Nouvian, a pourtant vu le jour à Constantine (Algérie), en 1953, dans une famille pied-noir. C’est son premier mari qui tracera sa destinée : François Folloroux est professeur en Côte-d’Ivoire et c’est là que le couple s’installe et élève ses deux enfants.

La belle Dominique a le sens des affaires et met à profit les relations de son mari au gouvernement pour se lancer, avec succès, dans l’immobilier. L’affaire grandit et bientôt elle gère notamment le patrimoine du président gabonais, Omar Bongo, et celui du père de l’independance ivoirienne, feu le président Félix Houphouët-Boigny (1960-1991), avec lequel la jeune femme entretient d’excellentes relations.

Si bonnes que quand la jeune veuve (elle a perdu son mari en 1983) présente au "Vieux" un brillant économiste, Alassane Ouattara, le chef d’Etat en fait son Premier ministre, alors que son sens de la tribu le portait plutôt à choisir Henri Konan Bédié - qui sera son successeur, non sans que Ouattara ait tenté de le prendre de vitesse pour lui ravir sa place, à la mort d’Houphouët-Boigny.

Dominique continue à étendre son empire immobilier et, en 1996, devient PDG de la société qui gère la chaîne de salons de coiffure Jacques Dessange aux Etats-Unis, avant d’acquérir les franchises de la marque dans ce pays. Entre-temps, sa relation professionnelle avec Alassane Ouattara s’est muée en idylle; elle l’épouse le 24 août 1991, il y a tout juste 20 ans, à la mairie du XVIe arrondissement de Paris.

L’élégante jeune femme, qui ne dédaigne pas de porter des tenues taillées dans du pagne, a son fan-club sur internet : sa photogénie, son succès et ses activités charitables - dans lesquelles elle s’est lancée dès les débuts de sa carrière de femme d’affaires, en 1980 - lui valent une incontestable popularité en Côte-d’Ivoire.

Ses activités charitables ont aussi l’avantage de la lancer dans la jet-set: galas de bienfaisance et réunions de femmes élargissant le cercle de ses relations haut placées. Très cassante avec les subordonnés, Dominique est tout charme avec ses égaux, explique un Français qui l’a côtoyée. "Elle s’entend bien avec nombre de femmes importantes et recourt à elles lorsque son mari n’arrive pas à faire passer un message diplomatique. Elle a ainsi obtenu, par Chantal Compaoré, que le président du Burkina Faso ne se rapproche pas trop de Laurent Gbagbo", lorsque ce dernier régnait sur la Côte-d’Ivoire (2000-2011). Et alors que les relations entre son mari et Konan Bédié étaient malaisées, après l’affrontement de 1991, Dominique Ouattara "est passée par Mme Bédié pour faire passer un message d’Alassane, qui ne parvenait pas à atteindre son ancien rival". C’est l’entente entre les deux hommes qui a donné à Ouattara la victoire électorale sur Gbagbo, fin 2010.

"Très politique, elle a en grande partie financé le RDR (Rassemblement des Républicains), le parti de Ouattara, et en a évincé la principale figure, Henriette Diabaté, au profit de ce dernier", poursuit notre source.

Elle utilise ses relations d’affaires pour appuyer la prise de pouvoir de son mari, dont le prédecesseur résistera par les armes à son éviction par les urnes : "Elle a toujours gardé le contact avec l’architecte libanais Pierre Fakoury, qui a fait de grands travaux - payés en puits de pétrole - pour Gbagbo" après avoir dessiné la basilique de Yamoussoukro pour Félix Houphouët-Boigny. "Fakoury faisait passer des messages par-dessus les lignes armées durant le conflit" (nov. 2010-avril 2011). Dominique Ouattara a aussi des contacts directs avec Nicolas Sarkozy "par la famille Bouygues, avec laquelle elle est en relation depuis bien longtemps grâce à leurs affaires ivoiriennes, dont la construction de la basilique de Yamoussoukro", ajoute cette source.

Fidèle à sa ligne de discrétion, la nouvelle Première dame de Côte-d’Ivoire a renoncé à ses affaires, conformément aux promesses faites par l’ancien candidat à la présidentielle. "Mon mari est un homme de parole. Je suis triste de quitter les affaires et mon indépendance économique, mais c’est la vie !" explique-t-elle au "Parisien".

Il est vrai que l’abandon n’est pas total. Son fils aîné, Loïc Folloroux, est directeur Afrique au sein de la société Armajaro Trading, spécialisée dans les matières premières, qui s’est fait une petite fortune sur le cacao ivoirien durant le récent conflit...