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Le favori des primaires républicaines américaines Donald Trump a assuré samedi regretter d'avoir retwitté une photo peu flatteuse de l'épouse de son principal rival Ted Cruz.

"Oui, c'était une erreur", a déclaré Donald Trump à propos du retweet montrant Heidi Cruz grimaçant, dans une chronique du quotidien américain le New York Times publiée samedi. "Si c'était à refaire, je ne l'aurais pas envoyé (ce retweet)", a-t-il ajouté.

Le magnat de l'immobilier et son principal rival à l'investiture républicaine dans la course à la Maison Blanche Ted Cruz se sont attaqués récemment sur des sujets très personnels, s'en prenant même à leurs épouses respectives.

Un comité anti-Trump avait diffusé fin mars sur Facebook des bannières publicitaires reprenant une ancienne photo nue de Melania Trump, le mannequin slovène devenue la troisième épouse du milliardaire. Un texte insinuait que l'épouse de Ted Cruz ferait une Première dame plus digne.

Bien que le comité n'ait pas de lien avec la campagne officielle de Ted Cruz, Donald Trump avait réagi sur Twitter en menaçant de "tout révéler sur (la) femme" de son rival, avant de retwitter une photo d'Heidi Cruz grimaçant, mise en parallèle d'un portrait de Melania Trump.

Ted Cruz avait alors explosé, déclarant à la presse, le doigt levé: "Je ne me mets pas souvent en colère, sauf si on embête ma femme ou mes enfants. Donald, tu es un lâche et un pleurnicheur, laisse Heidi tranquille!"

Le milliardaire new-yorkais mène dans la course aux délégués pour l'investiture, mais demeure peu populaire chez les femmes. Il a essuyé de nombreuses critiques venant de toutes parts ces derniers jours pour avoir déclaré qu'il fallait "punir" les femmes qui avortent, avant de faire machine-arrière.



Ted Cruz veut faire tomber Donald Trump à la primaire du Wisconsin

Après dix jours de pause, les primaires présidentielles américaines reprennent mardi dans le seul Etat du Wisconsin, où Donald Trump et Hillary Clinton pourraient être battus par leurs rivaux respectifs Ted Cruz et Bernie Sanders.

Le Wisconsin n'a pas la capacité, à lui seul, de renverser la vapeur de la course à l'investiture. Mais pour la démocrate Hillary Clinton et surtout le républicain Donald Trump, une défaite pourrait retentir comme un signal d'alarme avant les primaires de New York le 19 avril, où ils sont tous deux favoris.

La semaine a été rude pour le milliardaire new-yorkais. Alors qu'il paraissait insubmersible, la dernière série de controverses --sur l'avortement, l'épouse de son adversaire Ted Cruz et une journaliste-- a écorné son image auprès des femmes. Ses manières d'Attila font craindre à de nombreux républicains une explosion du parti s'il finissait par être investi.

Donald Trump s'est lancé dans une série de meetings dans le Wisconsin pour éviter la défaite que lui prédisent les récents sondages. Le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz le devance, tandis que John Kasich, gouverneur modéré de l'Ohio, est troisième et dernier.

Accompagné de Sarah Palin, il a attaqué samedi à Racine Ted Cruz, notamment pour avoir omis de déclarer un prêt de Goldman Sachs, l'employeur de sa femme.

"Ils veulent que je me comporte de façon présidentielle, ils ne veulent pas que je le traite de menteur... Ted le menteur !" a-t-il lancé, répétant avec gourmandise le qualificatif dont il affuble systématiquement son rival.

Le vainqueur de la primaire de mardi remportera la grande majorité des 42 délégués en jeu. Si Ted Cruz y parvenait, nul doute qu'il déclarera un tournant dans la course, mais son retard, en nombre de délégués, restera colossal.

Actuellement, Donald Trump en a 739, Ted Cruz 460 et John Kasich 145. Il en faut 1.237 pour être investi.

Le parti républicain du Dakota du Nord désignera également ce week-end 25 de ses 28 délégués lors d'une convention réservée aux militants. Ces délégués seront indépendants.

Pour Hillary Clinton, une défaite serait moins coûteuse en nombre de délégués (répartis à la proportionnelle) qu'en termes symboliques. Car Bernie Sanders a empoché cinq des six derniers Etats.

Le Wisconsin se présente bien pour lui. Il a remporté deux Etats frontaliers, Minnesota et Michigan. Sa popularité est indéniable dans des villes comme Madison, à forte concentration étudiante. Et il bat l'ex-secrétaire d'Etat dans les trois derniers sondages.

A 74 ans, Bernie Sanders tente de dissiper l'idée qu'Hillary Clinton, 68 ans, serait une meilleure candidate pour affronter un éventuel candidat Trump.

"Dans le dernier sondage CNN nous battons Trump de 20 points, et encore, on n'a même pas encore commencé à révéler à quel point il est fou!" a-t-il lancé vendredi à Sheboygan.

A l'approche de la dernière ligne droite, la tension entre eux est tangible.

La candidate a laissé éclater sa colère jeudi près de New York contre une militante écologiste de Greenpeace, Eva Resnick-Day, qui lui demandait de renoncer aux dons du secteur pétrolier et gazier. Hillary Clinton a répondu qu'elle n'avait reçu que des dons de salariés du secteur, les entreprises n'ayant pas le droit de contribuer aux candidats.

"J'en ai ras le bol des mensonges de la campagne Sanders sur moi!" a-t-elle explosé dans ce court échange, dont une vidéo est devenue virale.

"Il est établi que Mme Clinton a accepté de fortes sommes d'argent de la part du secteur des énergies fossiles", a néanmoins insisté Bernie Sanders sur ABC vendredi.

Malgré ses récents succès, Bernie Sanders affiche un déficit important de délégués. Hillary Clinton en a accumulé 1.259 contre 1.020 pour le sénateur, selon le décompte de CNN. L'ex-Première dame bénéficie en outre de l'appui crucial de près de 500 "super délégués", des élus et responsables démocrates qui voteront à la convention de Philadelphie, en juillet et lui permettront d'atteindre plus rapidement les 2.383 requis.

Autre conflit entre les deux candidats: la date du prochain débat télévisé, dans l'Etat de New York. Le camp Clinton a traîné des pieds, refusant apparemment certaines dates, et en proposant d'autres rejetées samedi par le camp Sanders, notamment lundi soir, en même temps que la finale du championnat de basket universitaire, un événement presque sacré aux Etats-Unis.