DSK a déposé plainte contre Nafissatou Diallo

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Dominique Strauss-Kahn a déposé plainte pour fausses déclarations, diffamation et procédure abusive contre la femme de chambre guinéenne Nafissatou Diallo qui l'avait accusé d'agression sexuelle au Sofitel de New York il y a un an, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Selon la plainte déposée lundi devant le tribunal du Bronx, un an jour pour jour après les faits, l'ex-directeur général du Fonds monétaire international lui réclame un million de dollars, l'accusant d'avoir "en toute connaissance de cause et intentionnellement faussement affirmé que M. Strauss-Kahn l'avait agressé sexuellement".

L'avocat de la jeune femme Douglas Wigdor a dénoncé un "nouveau stratagème désespéré", qui selon lui témoigne de la "misogynie" de DSK. Dans un communiqué, il a exprimé l'espoir qu'il soit "rapidement rejeté".

La plainte, dont l'AFP a obtenu copie, détaille les conséquences pour M. Strauss-Kahn de la plainte de Nafissatou Diallo: "perte de son emploi de directeur général du FMI et d'autres opportunités professionnelles (...) dommages substantiels à sa réputation professionnelle et personnelle aux Etats-Unis et dans le monde".

Dans les documents de justice, Dominique Strauss-Kahn rappelle qu'il était au moment des faits "considéré par certains comme le prochain président français". La publication de sa plainte intervient le jour où le nouveau président français François Hollande a pris ses fonctions à l'Elysée.

La plainte affirme que la relation sexuelle qu'il a eue le 14 mai 2011 avec Nafissatou Diallo était "mutuellement consentie", sans "violence ni contrainte", et précise qu'elle n'avait pas été blessée.

"Avec l'aide du personnel du Sofitel", une heure après cette relation sexuelle, Nafissatou Diallo a faussement déclaré à la police que M. Strauss-Kahn l'avait agressé sexuellement "alors qu'elle savait que c'était faux", précise également la plainte.

La jeune femme a affirmé que DSK l'avait contrainte à une fellation. DSK rappelle dans sa plainte qu'il a été ensuite arrêté, puis "soumis à une fouille dégradante et humiliante; photographié nu; et forcé de fournir des échantillons pour l'enquête" avant d'être "paradé, menotté, devant la presse internationale".

La plainte accuse aussi la femme de chambre de 33 ans d'avoir "falsifié des éléments" et rappelle que la procédure pénale a été abandonnée le 23 août 2011, le procureur ayant des doutes sur la crédibilité de Mme Diallo, en raison de mensonges répétés sur certains aspects de sa vie.

Elle rappelle les mensonges de Mme Diallo, notamment dans sa demande de droit d'asile ou sa déclaration fiscale.

M. Strauss-Kahn accuse la femme de chambre de "poursuites calomnieuses", "d'abus de procédure", de volonté d'"emprisonnement", de "diffamation" et de lui avoir "volontairement infligé une souffrance émotionnelle".

Il affirme notamment que la conduite de la femme de chambre "était d'un caractère si incroyable et d'un degré si extrême, qu'elle dépasse toutes les limites de la décence".

Pour toutes ces raisons, DSK demande des dommages et intérêts d'"au moins un million de dollars", assortis de dommages "punitifs" dont il ne précise pas le montant.

Sa plainte intervient également deux semaines après qu'un juge new-yorkais eut refusé de classer la plainte au civil toujours en cours devant un tribunal du Bronx.

Nafissatou Diallo avait porté plainte au civil le 8 août 2011, accusant DSK d'agression "sadique et violente".

Le juge Douglas McKeon a refusé le classement de cette plainte le 1er mai, rejetant l'argument selon lequel DSK bénéficiait à l'époque d'une immunité absolue, en tant que directeur général du FMI.

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