International Des députés belges doivent se rendre en Arabie saoudite début mai.

"Ce voyage ne me paraît pas très judicieux", déplore le député fédéral Benoît Hellings (Ecolo). Une série de parlementaires belges seront en visite en Arabie saoudite du 4 au 9 mai à l’invitation de l’assemblée législative locale. Les personnes intéressées devaient se manifester pour lundi au plus tard. Parmi elles, on retrouvera le sénateur Alain Destexhe (MR). Ce dernier participera à ce déplacement en sa qualité de président de la Section bilatérale Belgique-Arabie saoudite de l’Union interparlementaire (UIP) - un nom un peu barbare pour désigner les relations diplomatiques entre les parlements des deux pays.

… sans Ecolo…

Benoît Hellings, membre de cette section de l’UIP, a déjà écrit à M. Destexhe pour lui signifier qu’il n’y participerait pas. "Et je trouve que l’ensemble de la section aurait dû décliner l’invitation, dit l’écologiste. On sait ce qui s’est passé entre les deux pays ces derniers temps…" Il y a eu la récente rupture de la convention entre la Belgique et la Ligue islamique mondiale (au nom de l’Arabie saoudite) pour la gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles. Il y a eu le vote mi-2017 d’une résolution visant "à reconsidérer la politique étrangère de la Belgique à l’égard du royaume d’Arabie saoudite". Enfin, il y a eu une mission diplomatique belge en Arabie saoudite, du 5 au 8 novembre 2017, pour y aborder les relations entre les Etats. Et "cette mission s’est avérée totalement improductive". Ce contexte pousse le député vert à juger "inopportun, voire dangereux" le déplacement de la délégation parlementaire. En plus, termine-t-il, "l’UIP, ce ne sont que des conversations de salon, strictement protocolaires, sans la moindre capacité d’avoir un dialogue ferme".

… mais avec Alain Destexhe (MR), qui défend sa participation

"Ce n’est pas vrai, ce n’est pas protocolaire du tout, réagit Alain Destexhe. Au contraire, on peut avoir un vrai dialogue, de vrais échanges." Selon le libéral, "nous sommes directement touchés par ce qui se joue là-bas, en Iran, en Syrie, au Yémen. Et il est évident qu’il y a beaucoup de choses à dire sur les relations entre nos pays. Pour moi, c’est même le bon moment d’y aller."