Édito: Changer de point de vue

Vincent Braun Publié le - Mis à jour le

International

La Russie ne changera pas d’avis. Si la rencontre moscovite entre Kofi Annan et Vladimir Poutine a servi à quelque chose, hier, c’était à l’affirmer une fois encore. L’émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe sur la Syrie, venu convaincre le président russe du bien-fondé de menacer Damas de sanctions, en a été pour ses frais. Moscou ne pratiquera ni ne permettra aucune ingérence dans la révolte syrienne. La Russie, dans un accès de légalisme de plus en plus exacerbé (en discours du moins), dit s’en remettre au droit international, notamment celui des peuples de disposer d’eux-mêmes. Cela ne l’avait pourtant pas empêché d’inciter au changement en Libye. C’était il y a un an, en pleine opération militaire internationale de soutien aux rebelles libyens, que Moscou n’avait pas empêchée. La Russie avait désavoué le dirigeant libyen en déclarant que Mouammar Kadhafi n’avait pas sa place dans la nouvelle Libye.

Depuis lors, le principal changement s’est produit en Russie, avec le retour au sommet de l’Etat de Poutine. Etant lui-même la cible d’une contestation populaire désireuse de changement, le président russe sait que céder sur le cas syrien reviendrait à donner le bâton pour qu’on le batte. Outre que le changement en Syrie lui ferait perdre gros sur le plan géostratégique, avec la perte d’un bastion amical au Moyen-Orient, qui plus est gros client d’armes russes et fournisseur d’accès à la Méditerranée. Cette perte d’influence s’assortirait en sus d’une probable installation d’un pouvoir d’obédience islamiste, non loin de l’islamophobe Russie...

M. Poutine est bien placé pour le (faire) savoir : un dirigeant peut se maintenir au pouvoir par tous les moyens. En dépit et en déni de la bien-pensance internationale

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