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On n’a pas fini de parler de l’arrêt de la cour d’appel du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) qui, vendredi, a acquitté et libéré l’ex-général Ante Gotovina, qui avait été condamné à 24 ans de prison pour crimes de guerre et contre l’humanité en première instance.

En jugeant que le nettoyage ethnique de la Krajina - zone croate peuplée de Serbes -, opéré en 1995 par l’armée croate, n’était pas une action concertée dont l’ex-général pouvait être tenu pour responsable, la cour a ouvert la boîte de Pandore. D’autres juridictions, internationales et nationales, verront en effet nécessairement la défense de criminels de guerre présumés se prévaloir de cet arrêt.

Comment, désormais, le TPIY pourra-t-il poursuivre, pour le siège de Sarajevo, les Serbes Radovan Karadzic et Ratko Mladic, sans passer pour le bras armé de l’Otan, que les Serbes avaient défié contrairement aux Croates?

Comment la Cour pénale internationale - déjà stigmatisée par les Africains parce qu’elle ne juge qu’eux - pourra-t-elle continuer à juger le Congolais Jean-Pierre Bemba, poursuivi pour son seul rôle de chef de troupes prêtées au président de la Centrafrique et qui y avaient commis des crimes?

La notion-même de justice internationale est affectée par l’arrêt Gotovina parce qu’il introduit le soupçon qu’il y a, pour juger les criminels, "deux poids, deux mesures". Un désastre.