Édito. Faites-nous rêver

Jean-Claude Matgen Publié le - Mis à jour le

International

Que la fête commence. A partir de ce vendredi, Londres accueille les Jeux olympiques. Quand, en 2005, la capitale du Royaume-Uni a hérité de l’organisation du plus grand événement sportif de la planète, le pays vivait une période d’euphorie sur le plan économique. Depuis, la crise est passée par là, au point qu’on peut se demander si la facture (16 milliards d’euros à ce jour) ne sera pas insupportable pour le contribuable british, même si l’accent a été mis sur la réhabilitation des quartiers est de la ville, sur la durabilité des matériaux employés et sur le recyclage des infrastructures.

Le Comité international olympique et surtout ses sponsors ont dicté leur loi au comité organisateur et à l’Etat britannique, soumis à un contrat léonin qui règle au détail près la façon dont les Jeux se dérouleront au plan commercial. Un journaliste du "Guardian" n’a pas hésité, à ce propos, à parler des Jeux comme d’une "parodie orwellienne", permettant "à une agence mondiale n’ayant pas de comptes à rendre de forcer un gouvernement avide de prestige à dépenser sans compter."

Les dix mille athlètes réunis à Londres n’ont que faire de ces constats critiques. Eux sont là pour concrétiser un rêve, décrocher la lune sous forme de médailles, fraterniser avec des gars et des filles de tous horizons et de toutes couleurs. Cette magie-là, il n’y a que les JO pour la rendre possible. Une bonne centaine de Belges seront de la fête. La délégation est riche, nombreuse et porteuse d’espoirs. Ramènera-t-elle au pays davantage que les deux maigres médailles glanées à Pékin? C’est tout le mal qu’on lui et nous souhaite.

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