Edito: Fragile

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International

Personne ne sort vainqueur du référendum organisé dimanche en Roumanie sur la destitution du président Basescu. Le Premier ministre Victor Ponta a échoué dans sa tentative d’écarter le chef de l’Etat. De surcroît, les méthodes - légalement discutables - dont il a usépour parvenir à ses fins ont terni l’image de son gouvernement et de son pays.

Le taux insuffisant de participation invalidant le référendum, le président Basescu pourra se maintenir à la tête d’un pays qu’il dirige depuis 2004. Il n’en sort pas moins affaibli. L’austérité à laquelle est soumise la Roumanie n’explique pas à elle seule que 88 % des votants se soient prononcé pour sa destitution.

Le navrant épisode roumain invite aussi l’Europe à l’introspection. Certes, la Commission a pris ses responsabilités en rappelant, sans ménagement, M. Ponta à l’ordre. Mais huit ans après le premier élargissement de l’Union aux pays de l’est du Vieux continent, et cinq ans après l’adhésion de la Roumanie, il se confirme que l’intégration de plusieurs de ces Etats à l’ensemble européen ne s’opère pas sans heurts. Certains (la République tchèque aujourd’hui, la Pologne, hier) se défient de l’Europe. C’est gênant, mais il y a plus grave : dans d’autres, des gouvernements (de droite, en Hongrie, ou de gauche, en Roumanie) prennent des libertés avec les règles démocratiques et l’Etat de droit. Il n’est plus temps de se demander si l’élargissement a été trop hâtif. Est venu, en revanche, le moment de s’interroger sur ce qu’il y a lieu de faire pour corriger le tir. Même en Europe, la démocratie reste un système fragile.

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