Edito: l’Egypte au pas des généraux

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International

Avec l’installation du nouveau gouvernement égyptien, sous la houlette d’Hicham Qandil, un technocrate de 49 ans, l’Egypte franchit une nouvelle borne sur sa route de la démocratie. Mais elle le fait toujours au pas des généraux. Car l’équipe qui a prêté serment jeudi devant le président Morsi comporte une incongruité majeure. Le maréchal Mohammed Hussein Tantaoui, qui a dirigé le pays pendant seize mois en tant que chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), reste ministre de la Défense, un poste qu’il a occupé vingt ans sous la présidence de Hosni Moubarak. Or, M. Tantaoui, 76 ans, reste aussi à la tête du CSFA qui a pris les rênes du pouvoir législatif depuis la dissolution de l’Assemblée du peuple élue en mars. La séparation des pouvoirs qu’impose l’idéal démocratique est bel et bien brocardée. Du moins d’ici la fin de la transition.

D’ici-là, l’armée reste, sinon aux commandes, au premier rang du pouvoir, dans une société irriguée, façonnée, voire phagocytée, depuis soixante ans par les institutions et codes militaires. Le très bon score obtenu à la présidentielle par l’ancien Premier ministre Ahmed Chafik, un proche de l’armée dont il est issu, atteste cette imprégnation.

D’ici-là, le général Chafiq aura bien fini par créer un parti politique, afin de capitaliser sur les 12 millions de personnes qui ont voté pour lui en juin.

En d’autres termes, si lors de la révolution, l’armée avait choisi de sacrifier l’un de siens en la personne de Hosni Moubarak, c’est parce qu’elle savait qu’elle survivrait politiquement, et dans les premiers rangs, grâce à d’autres parmi les siens.

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