Edito: république du Qatar

Publié le - Mis à jour le

International

Qatar, OPA sur la banlieue". Lundi ce titre choc barrait la Une de "Libération". La nouvelle a de quoi surprendre : au travers d’un fonds, le Qatar va investir dans un certain nombre de projets dans les banlieues françaises. Même si le gouvernement Hollande préfère parler de "fonds franco-qatari", le symbole est fort : celui d’une République désargentée qui délègue et sous-traite à une pétromonarchie une partie du financement d’une stratégie visant à améliorer le quotidien des personnes vivant dans ces quartiers difficiles, souvent frappés de plein fouet par les affres de la crise économique, du chômage et de l’exclusion sociale. Une République qui en abandonnant une de ses missions régaliennes à un Etat étranger envoie un drôle de signal à ces banlieues et à ces Français de diverses origines qui y vivent : la rénovation de ces quartiers a une valeur marchande tout comme les médias, le sport ou l’immobilier dans lesquels le Qatar, déjà dans une logique d’après-pétrole, investit massivement. Et demain ? L’Etat français privatisera-t-il l’éducation ou la justice et déroulera-t-il le tapis rouge à la puissance financière des pétro-dollars ? Une brèche a en tout cas été ouverte. Le Qatar est dans sa logique. Financière, économique. Mais aussi stratégique et politique. Dans une société française divisée, fragilisée et confrontée à la montée des communautarismes, cette décision de l’Etat français pose question. Et résonne comme une démission.

Publicité clickBoxBanner