Edito: sacrilège, passe ton chemin !

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Le rapport au divin est singulier. Textes et rites ont beau être établis, les lectures, interprétations ou exécutions auxquelles ils donnent lieu varient, évoluent, divergent. Jusqu’à fonder un nouveau culte parfois.

La croyance est un acte individuel. La foi est personnelle.

Lorsqu’il estime son dieu maltraité, dévalorisé, ridiculisé, blasphémé, le croyant se sent lui-même blessé, rabaissé, humilié, insulté.

Les mots peuvent heurter, les dessins peuvent ulcérer, il n’en reste pas moins que la victime est indemne. Et que la divinité ne l’est pas moins.

Quel implacable mécanisme veut-il que la seule (libre) expression de quiconque endommage la conviction d’un autre ? Aucun.

Mieux. Il n’y a qu’à la confrontation qu’existe une opinion ou une croyance. L’on aurait d’ailleurs tort de la refuser car il n’en sort ni vainqueur ni vaincu. Seulement des cerveaux enrichis par le contact de conceptions distinctes, que rien n’impose d’accepter. Seulement des esprits dont les modes de pensée ont subi un check-up.

Il est indispensable de vérifier que ces/ses raisonnements ont toujours leur pertinence, qu’ils sont en phase avec tout ce que l’expérience personnelle (collective ou individuelle) laisse comme trace, comme argument, avec ce qu’elle autorise désormais comme modulation ou exception, avec ce qu’elle tolère ou refuse à présent.

Et si l’on se sent insulté, rien n’oblige à cracher en retour, ni à engager un combat ni même une discussion. Il est aussi possible de continuer son chemin, en paix avec ses convictions.

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