Édito: Une peine démesurée et inepte

Edito de Vincent Braun Publié le - Mis à jour le

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International En condamnant les trois “punkettes” du collectif Pussy Riot à deux ans de colonie pénitentiaire, la justice russe a prouvé qu’elle était inflexible. La prière anti-Poutine interprétée sur un mode punk rock par les trois jeunes femmes dans une église de Moscou était irrévérencieuse. Et outrageante, vis-à-vis de l’actuel Président, envers l’Eglise orthodoxe. Et la chose est délicate quand on sait les relations étroites qu’entretiennent pouvoir et Eglise en Russie. Mais la justice, a fortiori dans un Etat qui vise le standard démocratique, ne doit-elle pas être impartiale, équitable et dépassionnée ?

Il est évident que les autorités russes ont voulu donner une leçon aux opposants de tout poil. La Russie matera toute forme d’opposition jusqu’au chœur des églises. L’histoire est aussi une illustration du fossé qui se creuse entre une jeunesse influencée par le mode de vie occidental, avide d’une société équitable et tolérante, et un pouvoir recroquevillé, arrogant, crispé.

Les Pussy Riot sont des militantes d’opposition spécialisées dans les actes de bravoure et la provocation. Pas le hooliganisme, qui rime avec violence et vandalisme. Leur peine est démesurée et inepte. Les colonies pénitentiaires sont apparemment moins sévères que les camps de travail ou le goulag d’antan. Mais elles devraient y côtoyer de vraies criminelles, condamnées pour homicide, trafic de drogue... Un curieux bol d’air pour trois jeunettes qui voulaient exprimer un ras-le-bol.

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