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Le parti libéral du Premier ministre sortant est crédité de 33 sièges contre 20 au PVV. Le taux de participation a été particulièrement élevé.

Mark Rutte 3 – Geert Wilders 0. Le Premier ministre libéral sortant avait comparé les élections néerlandaises à un “quart de finale” contre le populisme, la présidentielle française et les élections allemandes étant respectivement “la demi-finale” et “la finale”. Pour la troisième fois consécutive, après les élections de 2010 et de 2012, les libéraux du VVD devancent le Parti pour la liberté (PVV) du leader populiste, xénophobe et islamophobe et anti-européen.

Selon les résultats partiels basés sur les votes de 366 des 388 communes, le VVD remporterait 33 sièges. C’est douze de moins qu’il y a cinq ans. Mais par rapport à 2012, où il n’avait que trois sièges d’avances sur les travaillistes du PvdA, l’écart s’est creusé avec son plus proche poursuivant, le PVV, qui en récolte 20.Le Christen-Democraten Appel (CDA), les libéraux-progressistes de D66 suivent avec chacun 19 sièges.

Le soufflé Wilders est retombé

Les Néerlandais se sont déplacés aux urnes en masse : le taux de participation est de 82 %, – le plus élevé des trente dernières années – contre 74,6 % en 2012. A Amsterdam, des bulletins de vote supplémentaires ont été imprimés, pour prévenir toute pénurie. Dans la capitale politique, La Haye, ainsi qu’à Rotterdam, les bureaux de vote sont restés ouverts après 21 heures, dernier délai pour déposer son bulletin dans l’urne. Les analyses des jours prochains diront si ce taux élevé de participation correspond à une volonté de barrer la route au PVV.

Quoi qu’il en soit, l’effet Wilders, encore redouté aux Pays-Bas et dans le reste de l’Europe il y a quelques semaines, est retombé comme un soufflé. Le trublion de la politique néerlandaise passe assez largement à côté de l’objectif d’être le parti ayant récolté le plus de suffrages. Certes, le PVV est donné en progrès de cinq sièges par rapport à 2012, mais il fait moins bien qu’aux élections de 2010, où il avait remporté 24 sièges. De plus, si l’on excepte le Socialistische Partij (SP, gauche radicale), qui perd un siège, le PVV est celui qui progresse le moins, parmi les principaux partis d’opposition : le CdA, D66 et les écologistes de Groenlinks ont respectivement gagné 6, 7 et 12 sièges.

Geert Wilders pourra tourner le résultat dans tous les sens, il a connu la défaite. Sans doute rendue pour lui plus pénible encore par les trois sièges remportés par le parti Denk, formé par des Néerlandais d’origine étrangère, turque en particulier.

A cette aune, il semblerait que la crise diplomatique entre La Haye et Ankara ait moins servi les intérêts de Geert Wilders que ceux de Mark Rutte.  Le ministre-président ne s'est pas laissé impressionner par les invectives et les menaces du président Erdogan, furieux que les autorités néerlandaises aient refusé que des ministres de son gouvernement fassent campagne auprès de la diaspora turque des Pays-Bas en vue du référendum du 16 avril.

Une coalition à quatre, au moins

Mark Rutte devrait donc rempiler à la tête du gouvernement. Reste à savoir avec qui les libéraux vont s’allier. Certainement pas avec le PvdA, laminé, après cinq ans de coalition avec le VVD . Il encaisse la plus lourde défaite électorale selon la chaîne NOS, passant de 38 à… 9 sièges - au total, la coalition sortante perd près de 40 sièges, ce qui relativise la victoire du Premier ministre. Le PvdA n'est plus que la troisième formation de gauche derrière le SP et Groenlinks. Le parti du jeune (30 ans) Jesse Klaver, le “Justin Trudeau du Plat pays” est la sensation, et le véritable vainqueur du scrutin : selon les sondages, il augmente singulièrement sa représentation à la Chambre basse, passant de 4 à 14 sièges.

De quoi prétendre intégrer la prochaine coalition. Car Mark Rutte aura besoin de l’appui d’au moins trois autres partis pour obtenir la majorité de 76 sièges sur 150 à la Chambre. Le PVV n’en sera pas : Mark Rutte avait averti Geert Wilders qu’il y avait “0 % de chance” qu’il s’allie avec lui.