International

Pour Stephan Grünewald, psychologue et fondateur de l’institut d’opinion Rheingold, les termes qui traduisent le mieux le sentiment des Allemands à la veille de l’élection de dimanche sont la "colère contenue". Rendu célèbre par son livre "L’Allemagne sur le divan", il a de nouveau analysé l’âme des électeurs dans une étude intitulée "L’Allemagne et le pays magique", publiée au début du mois de septembre. Son diagnostic ? Les Allemands se sentent trahis par Angela Merkel, mais ils préfèrent continuer avec elle plutôt que de prendre des risques.

Quel est l’état d’esprit des électeurs allemands à la veille du scrutin ?

Angela Merkel va gagner mais les électeurs votent sans enthousiasme. Ils ont été déçus par la campagne qui a éludé le sujet qui électrise toute la société : les réfugiés. Les Allemands sont face à un dilemme existentiel sur ce sujet. D’un côté, ils veulent être accueillants; de l’autre, ils ont le sentiment d’être dépassés et abandonnés par les partis et par Angela Merkel. Il leur manque un plan clair sur la suite des événements.

Angela Merkel n’est plus la mère protectrice, la Mutti, comme elle est surnommée ?

Depuis l’arrivée des réfugiés, l’image d’Angela Merkel est vacillante. Les électeurs se demandent : est-elle encore notre mère protectrice ou préfère-t-elle les enfants étrangers ? Dans le même temps, elle apparaît encore comme la seule qui puisse maintenir le navire face aux flots extérieurs. Elle est la "dompteuse" des grands fauves comme Poutine, Trump ou Erdogan.