International Le régime islamique ne rééditera pas la manipulation de 2009, estime Azadeh Kian.

Les Iraniens sont allés voter en masse, vendredi, pour désigner leur nouveau président. Le scrutin se résume à un duel entre le religieux modéré Hassan Rohani, président depuis quatre ans, et Ebrahim Raissi, un autre religieux mais ultraconservateur. Azadeh Kian, professeur de sociologie à l’université de Paris-VII, nous indique qu’une large participation favorise la réélection de M. Rohani, qui a entrouvert les portes de l’Iran, longtemps paria international, sur le monde. Seule une large victoire de l’actuel président peut faire barrage à une "fraude électorale massive", dit-elle.

En attaquant les ultras dans la dernière partie de la campagne, Rohani a franchi la ligne rouge idéologique tracée par le guide. Cela peut-il se retourner contre lui ?

Bien sûr. Le risque de fraude électorale massive n’est jamais loin en Iran. Celle de 2009 a marqué les esprits (la réélection arrangée de Mahmoud Ahmadinejad avait déclenché une vague de contestation inédite, NdlR). Je pense que c’est très risqué pour le régime de procéder à une deuxième fraude électorale massive. Si la différence de votes est d’un ou deux millions de voix, c’est assez facile de le faire. Mais, si elle est beaucoup plus importante, je pense qu’ils ne le feront pas. S’ils le font, ce serait un coup d’Etat avec une répression à la clé - certains pensent même des exécutions.

Rohani doit donc gagner avec un écart très large s’il veut éviter toute manipulation des résultats…

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